Mon grand-père : Louis François, dit Francis, BRESSE (2 ème partie)

Quel a été son rôle sur la propriété et la maison de Saint Marcel ?

La propriété s’est agrandie : mon grand-père a acquis des terrains qui étaient sur le plateau au-dessus de la propriété des Lesueur, industriels de Vienne. La maison s’est agrandie pour atteindre sa situation actuelle.

Vers 1894, au moment de la naissance de mon père, le 2 ème étage a été surélevé, et on a créé le 3 ème étage avec des petits clochetons. On a créé des chambres au 2 ème étage.

Vers 1908, il y a eu l’aménagement du rez-de-chaussée actuel, du 2 ème dont une partie était restée en grenier et des chambres au 3 ème.

Vers 1924, création de la salle du billard au 1 er étage, création d’une montée d’escalier du 1 er au 2 ème par la salle du billard. Le 1er étage avait un accès par l’extérieur et même un accès par le chemin de l’Octroi, indépendant.

C’est cette partie qui a été ensuite coupée en deux, lors de la succession de mon grand-père en 1945. Cela faisait 2 logements indépendants.

C’est mon grand-père qui a amené toutes les commodités, comme le chauffage central, dont la chaudière était située au rez-de-chaussée, une cuisine toute équipée avec des lumières qui s’allumaient pour les domestiques si quelqu’un appelait depuis une chambre. Il y avait une buanderie au niveau du logement à l’étage. Il y avait un grand garage, donnant sur le chemin de l’Octroi. Il y avait dans ce garage, un pressoir et une cuve pour faire le vin. Il y avait un cellier avec des tonneaux pour stocker le vin. Il y avait aussi des endroits de stockage du charbon et du bois, pour la cuisine et la chaudière. L’entrée principale par le chemin de l’Octroi était faite avec un décor en ciment, en forme de grotte, typique des années 1900, avec une véritable amphore romaine.

Mon arrière-grand-père et mon grand-père avaient réalisé tout l’aménagement extérieur du jardin d’agrément : la grande allée située devant la maison, avec une terrasse extérieure, des balustrades typiques de l’époque. Il y avait un immense érable sycomore qui faisait beaucoup d’ombre, pour pouvoir manger dessous.

Partout dans le jardin, il y avait des lieux privilégiés, avec un terrain pour jouer à la boule lyonnaise, des abris décoratifs, avec une armature en fer. Il y a eu aussi des plantations d’arbres, comme les platanes dans l’allée principale, des pins et des sapins, et même un sequoia.

Allée principale de la maison de Saint Marcel, avec le sycomore. Crédit Photo JF BRESSE

L’alimentation en eau

Comme toutes les propriétés de l’époque, il n’y avait pas l’eau de ville apportée par la commune. Elle n’est arrivée que dans les années 1950. La propriété était alimentée par des puits situés sur la propriété et surtout par une source privative qui était située vers Jardin. Il y avait une canalisation qui amenait cette eau jusqu’à la propriété. Elle suivait la route départementale, puis passait en dessous pour alimenter la maison et allait, car il y avait du débit et de la pression jusqu’à un bassin qui avait été creusé sur le plateau, comme trop-plein. Ce bassin avait à peu près 15 mètres de diamètre et une profondeur de 2 m, au plus profond. Il a beaucoup servi pour l’arrosage des cultures et du jardin. Ce bassin a aussi servi de piscine, l’été. Quand, il y a eu l’eau de ville, il y avait un système qui permettait de basculer d’une eau à l’autre.

Bassin du trop plein de la source qui alimente la maison. Crédit photo JF BRESSE

Quelles étaient les cultures ?

Il y avait une ferme sur la propriété avec une famille de paysans. Du temps de mes grands-parents, la propriété était pour l’essentiel de la vigne. C’est pour cela que le garage était équipé pour le vin.

Pour plus de détails sur la propriété et la maison de Saint Marcel, voir l’article précédent.

Une de ses passions, les randonnées en montagne

Il allait, en particulier avec un guide de montagne très connu à son époque, Pierre Gaspard, dit « père Gaspard », né le 27 mars 1834 à Saint-Christophe-en-Oisans (département de l’Isère, France) et mort le 16 janvier 1915 dans ce même village, est un alpiniste français. Il réalise la première ascension de la Meije (massif des Écrins, Alpes françaises) le 16 août 1877 avec son fils et Emmanuel Boileau de Castelnau ; ascension suivant l’arête du promontoire, qui deviendra la voie « normale ».

Voilà ce qu’en dit Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Gaspard

Lettre écrite par Pierre Gaspard, à mon grand-père, qui lui propose de venir faire une course, avec lui, en Octobre 1898. Pour voir l’image en grand, cliquez droit et faites « ouvrir dans un nouvel onglet »

Où était situé son office d’avoué, qui a pris la suite ?

Papier à en-tête de l’office

D’après les courriers qu’il a envoyé jusqu’à la fin de sa vie, c’est 12 boulevard de la République à Vienne.

Coïncidence : nous habitons actuellement aussi 12 boulevard de la République, à Fontenay aux Roses.

Qui a pris la suite : André JALLES, puis ensuite Charles FRECON et SEGUIN qui se sont occupés des successions de la famille BRESSE.

Que s’est-il passé pendant la guerre de 14-18 ?

Comme nous l’avons vu précédemment, mon grand-père s’est beaucoup impliqué sur la vie de la commune, pour les œuvres au secours aux militaires et aux victimes. Il avait organisé le foyer du Soldat et il était le Président de la Fédération des œuvres d’entraide. Il avait 54 ans en 1914.

Que s’est-il passé pour ses enfants ?

Françoise (1887-1860), a épousé le 12 décembre 1912 Paul SAUTREAUX (1885-1928), médecin.
Ils avaient déjà une première fille, Renée, née le 16 Mars 1913 qui est devenue religieuse, au Carmel de Lyon. Ils eurent aussi une 2 ème fille, Henriette, née le 1er Février 1914 qui est décédée en 1917.
Paul SAUTREAUX a été mobilisé, en tant que médecin. Il est d’abord parti aux Dardanelles, puis sur le front en France. Mon père l’a rencontré (cité dans ses mémoires). Ma tante Françoise a du revenir à la maison de Saint Marcel pendant la guerre.

Ma tante Françoise, avec sa fille Renée, à Saint Marcel. Crédit Photo Paul BRESSE

Henri-Octave (1888-1915), était ingénieur des Mines, en 1911. Il a fait son service militaire dans l’Artillerie, entre le 1er Octobre 1911 et le 1 er Octobre 1913. Il commençait à travailler. Il était fiancé.
Il a été mobilisé, lieutenant au 1er Régiment d’Artillerie Lourde, responsable d’un canon à courte distance des lignes de front. Il a été tué le 12 Mai 1915, par un éclat d’obus, au Mont Saint Eloi, où il est enterré.

Henri BRESSE, lieutenant au front de la guerre

Louise-Madeleine, dite Madeleine (1889-1981) a épousé Pierre GARDON (1884-1979) en 1913 qui était Juge de Paix. Ils n’ont pas eu d’enfants.
Pierre qui avait 30 ans en 1914, n’a pas été mobilisé, compte-tenu de sa constitution.

Madeleine BRESSE et Pierre GARDON en 1913. Crédit Photo Paul BRESSE

Paul-Eugène (1891-1973), était handicapé par de la surdité. Il a été réformé.
Un hôpital militaire a été créé à Vienne, et Paul est devenu infirmier ou aide-soignant pendant la guerre.

Paul BRESSE, en haut à droite, à l’hôpital militaire. Crédit photo Paul BRESSE

Jean Louis Félix Gabriel (1894-1982) mon père, a passé le concours de Saint Cyr en 1914, mais n’a pas été admis.
Il est parti comme simple soldat à la guerre le 3 Septembre 1914, avec le 99 ème régiment d’infanterie. Il est devenu caporal, le 17 Mai 1915.

Jean BRESSE, caporal en 1915. Crédit photo Paul BRESSE

Comment se fait-il que le caveau de la famille BRESSE à Vienne a été partagé avec la famille GUY ?

Jusqu’à mon arrière-grand-père, Jean Louis Gustave, les inhumations se faisaient à Artas.

Le décès de mon oncle, Henri BRESSE, le 12 mai 1915 pendant la guerre de 14-18 a pris de court, mon grand-père. Mon oncle a été enterré dans un cimetière militaire, au Mont-Saint-Éloi, 62589, Pas de Calais, mais mon grand-père a voulu commémorer son décès par un caveau avec une sculpture avec son effigie.

Comme, il n’y avait sans doute pas de caveau disponible au cimetière de Vienne, à cette époque, mon grand-père s’est entendu avec Mr Victor GUY, habitant 22 rue du Musée, capitaine de vaisseau, pour partager un caveau. Ce fut donc le caveau famille GUY/ Francis BRESSE.

Mon grand-père a fait mettre un monument funéraire avec le portrait de mon oncle Henri.

Caveau Famille GUY et Francis BRESSE . Crédit photo JF BRESSE

Le caveau tel qu’il a été pris en photo en 2016, avec le monument funéraire à l’effigie de Henri BRESSE

Dans ce caveau ont été également enterrés :
– Marie-Henriette SAUTREAUX, 2 ème fille de ma tante Françoise, en 1917
– Francis BRESSE, en 1941
– Emma BERTINI, en 1950
– Madeleine SEVE, en 1943
– Jean Louis BRESSE, mon père, en 1982

Correspondances de mon grand-père

Lettre de mon grand-père à mon père, le 21 Juin 1931

Mon père avait eu une opération pour une péritonite, au Val de Grace, mais qui a été longue à se remettre.

Lettre de mon grand-père à mon père, du 11 Juillet 1940, en période d’occupation allemande, pour que mon oncle Paul puisse se rendre au Val André, en Bretagne, depuis Paris.

A cette époque, on ne savait pas comment joindre quelqu’un autrement que par un courrier.

Autres photos de mon grand-père

A gauche, vers 1910 (50 ans). A droite, près de 1930, à 70 ans.

Quelques souvenirs de mon grand-père, que j’ai eu par mon père

Souvenirs liés aux repas de mon grand-père à Saint Marcel
Comme, mon grand-père avait beaucoup de relations et d’amis, comme Jules RONJAT, un linguiste français, des membres de la bourgeoisie de Vienne. Ces participants avaient des origines paysannes. Un jour, à la fin du repas, qui devait être très copieux, ma grand-mère avait proposé du thé, plutôt que du café. Quelle n’a pas été la réaction des participants : « de la tisane, non merci »

Souvenirs de l’avant la guerre de 40 -45
Mon père était dans l’armée et suivait ce qui se passait en Allemagne dans les années 30. Il écoutait, en particulier les radios allemandes. Il entendait les discours d’Hitler, les défilés militaires. Il savait que la guerre avec l’Allemagne était inéluctable. Lorsqu’il venait à Vienne et discutait avec mon grand-père, celui-ci ne s’inquiétait pas, car il y avait eu les accords de Munich, en 1938, pour «éviter la guerre», qui ont permis aux allemands d’annexer les Sudètes, après l’Anchluss avec l’Autriche. On connait la suite.

La santé de mon grand-père
Je ne sais pas de quoi est décédé mon grand-père, car cela a été assez subit; peut-être une crise cardiaque ou cérébrale.
Mon père m’a dit qu’il avait qu’une hantise, c’était d’avoir la prostate.
Son problème récurent était son intestin. Son intestin était ballonné en permanence. Il disait : « si mon intestin pouvait y avoir un robinet pour évacuer les gaz, cela me soulagerait« 
Ces problèmes d’intestin, mon père les a eu aussi et moi également depuis l’âge de 40 ans.

Souvenir lié à mon départ pour un an au Canada
Lorsque j’annoncé à mon père, en 1981, que nous allions partir pour un an au Canada, cela lui a rappelé un souvenir. Mon grand-père avait eu un clerc d’avoué qui un jour, lui a annoncé son départ au Canada. Cela était assez peu fréquent à l’époque

Mon grand-père : Louis François, dit Francis BRESSE (1 ère partie)

Louis François, dit Francis BRESSE a été le 3 ème enfant et seul fils de Jean Louis Gustave BRESSE

Il a eu une sœur ainée, Louise BRESSE (1855-1625) a épousé Louis LACOMBE qui est devenu notaire à Artas

La famille LACOMBE est restée très impliquée à Artas, car le fils Charles a été notaire, Juge de Paix, Maire d’Artas (1919-1935)

Sa deuxième sœur, Isabelle Françoise Marguerite BRESSE (1859-1900) a été religieuse et est décédée à Montélimar, à 41 ans.

Louis François, dit Francis BRESSE est né le 26 décembre 1860 (mercredi) à Vienne (Isère)

Quelle a été sa jeunesse ?

Nous n’avons pas tellement d’informations sur sa jeunesse. On sait juste qu’il a du faire ses études au Collège Ponsard qui est un collège public venant d’un collège de jésuites, créé en 1622.

Sur cette photo de la classe du baccalauréat, Francis BRESSE est sur le rang du haut, le deuxième en partant de la droite. A cette époque, très peu d’élèves passait le baccalauréat ; les élèves sont bien habillés et certains sont même en uniforme avec un képi.

Il a sans doute poursuivi ses études à la faculté de droit de Lyon. Il avait la licence de droit.

Quand est-ce qu’il a pris la suite de son père comme avoué ?

Gustave BRESSE est décédé le 5 Mai 1884, à 64 ans, Francis avait 23 ans et demi. Il a pu alors prendre la suite de son père, comme avoué.

Quel a été son mariage ?

Il s’est marié le 14 Juin 1886 avec Emma, Octavie, Julie BERTIN, dit BERTINI. Elle est née le 8 Novembre 1861, à La Tronche (Isère) près de Grenoble.

Emma, Octavie, Julie BERTIN, dit BERTINI était la fille de Henri Gabriel BERTIN, et de Julie Félicie BUISSON. Ils ont eu 2 enfants, avec un fils Henri, né en 1856 et décédé en 1938.

Henri Gabriel BERTIN était le fils de Henri Jérôme BERTIN  dit BERTNI, compositeur de musique, connu aussi pour sa méthode de piano. Voici ce qu’en dit Wikipédia : https://en.wikipedia.org/wiki/Henri_Bertini

Pourquoi leur mariage a fait l’objet d’un contrat, signé le 30 Mai 1886 ?

Le régime est celui de la communauté réduite aux « acquêts ». Les « acquêts » sont des biens meubles ou des biens immeubles qui, à l’exception de ceux acquis par succession, donation ou legs, lesquels restent des biens propres, sont entrés dans l’indivision du chef de l’un de l’autre ou des deux époux durant le mariage.

Dans le cas de mon grand-père, il s’agit surtout de l’office d’avoué, obtenu par un décret du Président de la République, pour un montant de 18 000 Francs, un cautionnement de 2 600 Francs, le mobilier de l’étude de 2000 Francs et une assurance vie de 10 000 Francs, différents meubles et bijoux (3 000 Francs) et un vestiaire de 800 Francs, soit un total de 36 400 Francs.

Pour ma grand-mère, suite au décès de son grand-père, Henri Jérôme BERTINI, en 1876, du mobilier, de l’argenterie, vaisselle, et surtout le piano Erard de son grand-père (qui est resté à la maison Saint Marcel jusqu’au règlement de sa succession en 1950), d’un montant de 3 500 Francs, d’un trousseau de ligne de 2 500 Francs, de différentes pensions de rente, de 600 /an et  de différentes obligations et actions. Elle a donc aussi hérité de biens de son père, Henri Gabriel BERTIN, décédé en 1873.

Quelle a été sa descendance ?

Pour voir l’image en grand, cliquez droit et faites « ouvrir dans un nouvel onglet »

Ils ont eu 6 enfants, dont une fille, Marie Isabelle, décédée à 5 mois.

Françoise (1887-1860), qui a épousé Paul SAUTREAUX (1885-1928), médecin

Henri-Octave (1888-1915), ingénieur des Mines, qui a été tué pendant la guerre de 14-18

Louise-Madeleine, dite Madeleine (1889-1981) qui a épousé Pierre GARDON (1884-1979) Juge de Paix

Paul-Eugène (1891-1973) architecte qui a épousé Antoinette Marie ODIER-MECKLING (1915-1983)

Jean Louis Félix Gabriel (1894-1982) mon père qui a épousé Madeleine Marie SEVE (1903-1943), puis Suzanne Elisabeth HENRY (1911- 2000), ma mère.

Les 5 enfants, avec de gauche à droite : Françoise, Jean, Paul, Henri, Madeleine. Photo colorisée par Jean-Claude FINAND
Mon grand-père, avec les 5 enfants : de gauche à droite : Paul, Jean, Françoise, Emma BERTINI, Madeleine, Henri, Antoinette BRUNET, sa mère, mon grand-père. (photo prise vers 1895)

Qu’est-ce qui a fait qu’il a entamé une carrière politique ?

De la même façon que son père qui était avoué est devenu maire d’Artas, il devenu conseiller municipal de Vienne en 1900, puis maire en 1902, comme d’autres notaires/avoués.

Il a été élu le 21 Juin 1902. Il a démissionné de son mandat de maire, en 1906, car il ne supportait plus le fonctionnement du Conseil Municipal. Il a été remplacé par Joseph BRENIER, qui est resté Maire jusqu’en 1919. Il est devenu député en 1910, et c’est lui qui était Maire pendant la guerre de 14-18.

Francis BRESSE a été élu Conseiller Général au Département de l’Isère, en 1910 jusqu’en 1928. Il était au Parti Radical Socialiste.

Contrairement à beaucoup d’autres maires, il n’a pas son nom de rue à Vienne, comme Ronjat, Miremont, Riondet, Mermet, Faugier, Brillier, Brenier, Pajot, Hussel.

Parmi ses amis, un ancien maire, Jules RONJAT, un linguiste français, docteur ès Lettres, spécialiste de la langue d’oc : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ronjat

Selon le Journal de Vienne : « Il était de ceux qui jouissent de la considération générale pour l’effort qu’ils ont apporté aux intérêts collectifs régissant les citoyens d’une même cité »

Quel a été son rôle en tant que Maire et Conseiller Général ?

Son rôle pendant la guerre de 14-18

Pendant la Grande Guerre de 1914-18, il s’est dépensé sans compter pour les œuvres au secours aux militaires et aux victimes.
Il a organisé le foyer du Soldat et il était le Président de la Fédération des œuvres d’entraide.

Son implication lui a valu le ruban de Chevallier de la Légion d’Honneur.

Pendant la Guerre de 14-18, un journal « Vienne et la Guerre » a été diffusé quotidiennement, dont le premier numéro est paru le 18 octobre 1914, et le dernier le 10 août 1919, avec une interruption de mai à décembre 1918. Il a été publié par souscription. J’ai un certain nombre de ces journaux, d’Octobre 1916 à fin 1918.

Les articles que l’on peut consulter dans les différents numéros, de nombreuses biographies de personnalités civiles et militaires combattantes ou non, d’articles accompagnés de nombreuses photos sur les différents évènements de toute nature qui se sont produits dans notre ville et sa région. Des nouvelles du front, des témoignages de combattants, de prisonniers….

A partir de Février 1915, une nouvelle rubrique « le Panthéon Viennois » où un hommage est rendu aux combattants de tous grades Mort pour la France, sous forme d’une biographie souvent accompagnée de leur photo.

Tous les numéros ont été conservés par la société « Les Amis de Vienne » (voir plus loin) et Jean Claude FINAND, membre du C.A. de la Société des Amis de Vienne les a numérisé en 2013 et a répertorié tous ces documents qui font maintenant partie des archives des Amis de Vienne. Ils sont disponibles au format PDF avec recherche à la médiathèque de Vienne « le TRENTE », et aux Archives Communales de Vienne.  Le TRENTE : https://bibliotheques.vienne.fr/

La Une du N° 5 de Novembre 1914, était consacrée à mon grand père qui a aussi écrit un texte adressé aux Viennois et aux Viennoises.

Voici un extrait du texte de mon grand-père :

« Vienne qu’on a appelé tour à tour Vienne la Belle, Vienne la Forte, Vienne la Sainte, Vienne la Patriote, est resté digne dans le présent de ces glorieux qualificatifs du passé. Elle est belle notre ville, belle de sa situation merveilleuse, qui a arraché au poète Mistral un cri d’admiration lorsqu’elle est apparue à ses yeux avec ses maisonnettes et ses villas étalées en éventail sur ses pentes ardues, ses clochers ses temples et ses tours qui rappellent du passé l’histoire auguste, avec son Rhône éblouissant qui la borde comme un ourlet d’argent, et dans le lointain le Pilat avec ses trois dents bleuâtres.

Elle est forte avec ses usines, ses ateliers, son air de rude travailleuse qui jamais ne se repose et jamais ne se fatigue pas.

Son enceinte formidable qui jadis là rendait imprenable et devant laquelle, aux âges lointains, a dû s’arrêter l’invasion Sarrazine, comme les barbares d’aujourd’hui s’arrêtent devant les remparts formés par la poitrine de nos soldats, cette enceinte de guerre a disparu, mais elle est remplacée par les bastions du Travail et les forteresses de l’Industrie.

…..

Aujourd’hui nous ne sommes plus aux âges héroïques, Vienne n’a pas de siège à soutenir et elle ne souffre, pas de l’invasion. Mais sous une forme plus simple et plus modeste les Viennoises font preuve, toute proportion gardée, des mêmes vertus que leurs illustres devancières, elles se montrent dignes des Blandine, des Clotilde et des Hermengarde.

Nous les voyons chaque jour, infirmières volontaires, s’adonner aux soins que réclament les blessés apportant à chacun le réconfort de leur douce présence et de leurs paroles d’encouragement, les gâtant et les choyant, comme elles feraient de leurs propres enfants.

Celles qui ne peuvent se rendre dans les hôpitaux confectionnent à l’envi les vêtements chauds dont nos soldats ont besoin.

D’autres se consacrent à l’oeuvre des Cantines populaires, assurant aux malheureux, aux vieillards, aux femmes et aux enfants de ceux qui combattent la nourriture nécessaire à leur subsistance.

Dames de la Croix-Rouge, bourgeoises de tout rang, ouvrières, fonctionnaires, toutes rivalisent de zèle dans l’accomplissement de la belle et noble fâche qu’elles se sont volontairement imposée.

….

En 1914 la tradition s’est renouée et l’effort est plus grand encore. Rien ne leur échappe, aucune misère ne les laisse indifférentes et dès qu’on leur signale un besoin à soulager, un service à rendre, elles accourent, elles sont là et elles font modestement et discrètement des prouesses de dévouement et d’abnégation.

Leur courage est à la hauteur de, la générosité de leur coeur. Toutes, mères, épouses, sœurs fiancées, ont supporté vaillamment, sans un mot de récrimination ou de plainte, l’heure cruelle de la séparation, et combien sont-elles celles qui, chaque jour, cachent sous un sourire l’angoisse qui les étreint lorsque n’arrivent pas les nouvelles qu’elles attendent du cher absent ?

Que dire de celles qui ont de plus douloureuses épreuves à supporter, et qui, silencieusement, au milieu de leurs larmes font hommage à la Patrie de la vie du héros dont elles pleurent la perte.

Viennoises d’aujourd’hui et Viennoises du passé, vous êtes belles, vous êtes fortes, vous êtes saintes, vous êtes patriotes comme votre cité elle-même, que dis-je, c’est vous qui avez mérité à votre cité tous ces titres qui font sa gloire.

C’est pourquoi, vieux Viennois de Vienne, je vous salue bien bas !… »

Pour lire le texte en entier, vous pouvez le télécharger : https://famille.bres.se/wp-content/uploads/2020/04/VIENNE-ET-LES-VIENNOISES_Francis_BRESSE.pdf

Ce texte a été écrit en Novembre 1914, et le dernier paragraphe « Que dire de celles qui ont de plus douloureuses épreuves à supporter, et qui, silencieusement, au milieu de leurs larmes font hommage à la Patrie de la vie du héros dont elles pleurent la perte. » était un peu prémonitoire, car Francis et son épouse Emma ont dû supporter la perte de leur fils ainé, Henri, Octave (voir 2ème partie)

Quel a été son rôle en tant que Conseiller Général ?

Il a été toute sa vie un artisan des œuvres sociales. Il a été Président de la Caisse du Crédit Agricole Mutuelle du Dauphiné, Président des pupilles de la nation, Président du Comice Agricole de Vienne-Roussillon. Président de l’Office des Habitations de Bon Marché de Vienne. Vice-Président de la Commission administrative des Hospices de Vienne.

En tant que Conseiller Général, il présidait la commission des routes et des chemins de fer. Il a participé à la création des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD)

Il dirigeait le Conseil d’Administration des Hospices de Vienne. Il a créé le Sanatorium de Seyssuel.

Un de ses collaborateur dans le domaine social : « L’esprit toujours ouvert aux progrès à réaliser dans le domaine social, il étonnait, malgré son grand âge, par la rudesse de ses conceptions et de la volonté agissante. Peu d’hommes auront marqué comme lui, leur passage dans notre ville. Il est de ceux qui tracent les sillons que d’autres suivent. »

Un autre collaborateur : « Très au courant des lois et de toutes les questions juridiques ayant de grandes connaissances agricoles, une expérience très approfondie du monde rural ; il fut un Président de 1 er ordre dont l’activité et la prudence furent justement appréciées. »

Chevalier de la Légion d’Honneur en 1920, il est devenu Officier le 22 Janvier 1938.

Francis BRESSE et la création de la Société des Amis de Vienne

Tout est parti, en 1903, d’un panneau « mosaïques à vendre » remarqué à Sainte-Colombe par un avocat viennois, Angéniol. Ce n’était pas la première fois que le patrimoine local allait être dépouillé ! L’une de ces mosaïques, celle de l’Enlèvement d’Hylas par les nymphes, découverte en 1902, fut en effet achetée par le général Léon de Beylié, qui en fit don au musée de Grenoble. Après avoir convaincu les plus sceptiques de ses amis (le maire Francis Bresse, le conservateur des musées, Ernest Bizot) l’avocat obtint que soient votés les premiers fonds et que soit créée une association sous le nom de « Société des Amis de Vienne » (assemblée constitutive du 21 mars 1904), enregistrée à la préfecture et publiée au Journal Officiel le 4 juin 1904. Les sceptiques avaient rejoint l’association et ce fut même le conservateur du musée qui en fut le premier président.

Depuis sa fondation en juin 1904 la Société des Amis de Vienne veille à « répandre la connaissance de l’histoire de la ville et des antiquités viennoises, protéger contre toute atteinte la beauté du paysage et des monuments viennois, enrichir les musées de la ville, attirer le plus grand nombre de touristes. »

Paul BRESSE, fils de Francis, a été un membre très actif de la Société des Amis de Vienne depuis 1921. Il était chargé de mission par le Ministre des Beaux Arts. Il a travaillé sur les édifices classée monuments historiques de la ville de Vienne. Il était un proche collaborateur de Jules Formigé, Inspecteur Général des Monuments Historiques, Président de l’Académie des Beaux Arts. En particulier, il rédigea une étude sur les fouilles à mener sur le site du Théâtre antique (romain) qui ont eu lieu de 1922 à 1938. Il a maintenant un nom de rue à Vienne.

Cette société est encore très active, elle organise :
– visites de ses monuments emblématiques ou plus modestes,
– publications grâce à un bulletin trimestriel où sont produites des études intéressant aussi bien le patrimoine urbain, industriel, archéologique.. que le patrimoine oral ou la mémoire et les traditions populaires ;
– cycles annuels de conférences.

Elle organise des actions de sauvegarde :
1907 : achat, grâce à une souscription, de la mosaïque du Châtiment de Lycurgue ; restauration de la statue de l’Apollon archer.
1912 : lancement d’une grande souscription publique, en vue de la restauration de la cathédrale Saint Maurice. La guerre ralentit et retarde l’exécution des travaux qui ne reprennent vraiment qu’en 1920.
1920-1924 : achat des terrains qui recouvrent les gradins du théâtre antique pour en faciliter le début des fouilles.
1928 : Dégagement et achèvement de la façade occidentale de Saint André le Bas, après l’achat et la démolition de vieux immeubles grâce à une nouvelle souscription et aux dons des sociétaires.
1938 : contribution à la restauration du cloître de Saint André–le-Bas, notamment par le don et la restitution des colonnettes du côté sud qui avaient été déposées au cours du XIXe siècle.
1958 : contribution financière de l’association pour le rachat de la statue monumentale de la Tutela chez un antiquaire parisien.
1977-1978 : sauvegarde des collections des musées de Vienne (mobilier XVIIe et XVIIIe s.).
2004 : contribution financière pour le nettoyage de la copie en plâtre de la statue d’Hygie.

Elle agit pour le tourisme à Vienne :
En vertu de ses statuts la Société s’est engagée à favoriser les conditions favorables au développement touristique de la ville de Vienne : par l’édition de guides illustrés, par la création d’un syndicat d’initiative (1909) qui deviendra municipal en 1947.

Elle est à l’origine de ressources documentaires
Une bibliothèque, des documents sur l’histoire de la ville, une photothèque, sont mis à la disposition des chercheurs ou des étudiants

Elle organise des cycles de conférences sur des sujets en relation avec l’histoire de la ville ou de la région. Comme par exemple, en 2011- 2012 « Le concile de Vienne 1311-1312. Au crépuscule des Templiers »
Elle organise aussi des visites ou des voyages culturels

Son site internet : https://amisdevienne.fr/

Francis BRESSE est décédé le 9 Octobre 1941, à l’âge de 81 ans

Voilà l’avis de décès imprimé, avec la liste des familles concernées

Les implantations de la famille BRESSE à Artas, leurs propriétés et leurs maisons

Nous avons vu que les BRESSE était d’abord des paysans, puis des fermiers, des propriétaires, des bourgeois, des notaires. Ils se sont beaucoup impliqués dans la vie de la commune après la révolution en devenant maires.

Les BRESSE se sont implantés dans les différents hameaux d’Artas : Le Revollet,  Ternésieu, Petite Forêt, Grande Forêt, Baroz.

La carte suivante date de 1869 où sont répertoriées les maisons BRESSE au hameau du Revollet et de Ternésieu.

(Cliquez sur document pour faire un zoom et faites un retour pour retrouver le texte).

Les limites de la commune d’Artas avec les communes environnantes ont été redéfinies au cours du temps.

Par exemple, le hameau du Revollet avait vécu de tous temps dans l’orbite d’Artas. A la constitution des communes, en 1790, Le Revollet fut rattaché à la commune de Beauvoir de Marc. Les communes ont en effet été définies en fonction des paroisses. Sous l’ancien régime, les religieux du prieuré d’Artas prélevaient la dîme sur la paroisse d’Artas et les chanoines du chapitre St Maurice de Vienne sur le Revollet qui faisait alors partie du mandement de Beauvoir de Marc. En 1687, le curé d’Artas, Antoine Gallien, qui devait toucher sur la dîme la portion congrue (voir article précédent), élevée à 300 livres ne trouvait pas son compte parce que le prieur d’Artas ne voulait payer que 200 livres. Il intenta alors un procès contre le chapitre de St Maurice. Il n’eut pas gain de cause. En 1866, le maire d’Artas, Mr Bonnard écrivit au préfet qu’il y avait une contradiction entre le fait de faire un mariage civil entre quelqu’un du Revollet, donc de Beauvoir de Marc et quelqu’un d’un autre hameau d’Artas et le contrat passé chez le notaire qui les considéraient tous d’Artas. En 1868, le maire et le conseil municipal se sont mobilisés ainsi que tous les habitants du Revollet pour demander le rattachement du hameau à Artas. L’annexion du hameau n’a été effective qu’en 1872, à la suite d’un décret de la République qui a fixé la limite de la commune, au Chemin du Gaz, comme indiqué sur la carte.

Les habitations des BRESSE au Revollet

La maison forte de Jean Marcel BRESSE

Thomas de Pélisson de Préville , noble, Ecuyer, Conseiller du Roy et son lieutenant particulier au baillage de Vienne possédait une maison forte avec un domaine au Revollet. Celui-ci l’a vendu à Jean Marcel BRESSE, en 1787, au moment de son mariage avec Marie-Antoinette CLERET. Il avait 26 ans.

Ci-joint une page de l’acte de vente notarié. (document fourni par Mr Pascal CHAUVIN)

Cette maison forte existe toujours. Elle apparait sur la photo suivante, en haut au milieu.

Elle est entourée d’autres maisons et le domaine a été morcelé. La maison forte a été restaurée mais les anciennes cheminées ont été conservées. C’est Mr Jars, traiteur, qui  la possède aujourd’hui.

Pour le domaine, Jean Marcel l’avait fait borner et on trouve encore actuellement des bornes en pierre aux initiales de Bresse Marcel (B.M)

La maison de Jean Baptiste Victor BRESSE, notaire, fils de Jean Marcel

Elle a été surélevée d’un étage. Les terrains afférents ont servi à mettre en place une magnanerie (plantation de muriers pour l’élevage des vers à soie), entreprise en commun avec son frère Innocent François Candide. Sur ces terrains qui appartiennent à Mr Pascal CHAUVIN, il reste encore 2 muriers.

 

L’implication des BRESSE dans la vie de la commune d’Artas

D’après l’ouvrage : ARTAS : le village du Bas-Dauphiné, par Joseph MOREL et Pascal CHAUVIN, utilisant les archives de la commune, le nom de BRESSE apparait à de nombreuses reprises. Tous les exemples cités sont tirés de ce livre.

Les BRESSE ont d’abord été des paysans, puis des propriétaires, puis des bourgeois. Ils sont ensuite devenus pour certains, notaire royal, notaire, procureur à la Cour de Vienne. D’autres sont devenus membres du clergé, comme Curé ou Sacristain.

Ils ont été très impliqués dans la vie de la commune après la Révolution, car ils sont devenus Officier Municipal, puis Maire.

Ils ont fourni 4 générations de maires. En étant implanté à Vienne depuis Innocent François Candide (IFC), ils ont continué à s’intéresser à la vie de la commune, puisque par exemple, Jean Louis Gustave BRESSE, mon arrière-grand-père, avoué à Vienne est devenu Maire d’Artas. Le dernier fut Charles LACOMBE, fils de Louis LACOMBE et de Louise BRESSE, soeur de mon grand-père, Louis François dit Francis.

Comme l’indique cette généalogie, ce fut d’abord Jean Marcel BRESSE, puis, Jean Victor, puis Jean Louis Gustave et enfin Charles LACOMBE.

Il n’y a plus de BRESSE habitant la commune, mais il y a des descendants, en particulier du côté des LACOMBE, qui possèdent encore une maison à Artas. Il y a eu régulièrement des réunions familiales à Artas, du temps de Charles LACOMBE. J’ai le souvenir d’être allé tous les ans pour une réunion de famille, en Juillet à Artas.

Les BRESSE avant la Révolution

Collecte de la Dîme

Nous avons vu que la dîme était une contribution en nature sur le produit brut du sol destiné au clergé. Elle était fixée à l’origine au dixième, d’où son nom. L’église ne prélevait pas directement cet impôt. Elle confiait par contrat (bail à ferme) cette charge à des particuliers.

Les minutes de Maitre CUZEL, notaire, disent que le 7 Juillet 1757, Messire Nicolas BRESSE, fils d’André BRESSI, curé de Chèzeneuve, afferma à un habitant d’Artas la « dixme » des grains, vin, chanvre,et autres choses, la paille de 200 gerbes de seigle et la charge de payer la 24 ème partie aux pauvres.

Paiement de la Taille

Certains collecteurs indélicats omettaient de remettre leur recette à la communauté. Celle-ci devait la réclamer et cela pouvait durer 14 ans. Par  exemple, la taille versée par le Sieur André BRESSE, marchand, collectée en 1698 de 118 livres, 8 sols n’a été versée par le receveur, sous la requête d’un huissier, mandaté par André de Vignon, premier seigneur d’Artas qu’en 1712 !

Paiement de la capitation

Comme on l’a vu, la capitation reflète l’activité d’une communauté. André BRESSE, fermier, est celui qui paye la capitation la plus importante : 30 livres 10 sols. Un charron peut payer 20 livres, un laboureur 20 livres, un boulanger 16 livres, un hôtelier 20 livres, un voiturier 12 livres, un journalier entre 2 et 4 livres.

Les BRESSE pendant la Révolution

Formation de la Garde Nationale

Elle était composée de 6 officiers, d’un porte-drapeau, d’un adjudant, de 4 sous-officiers et de soldats. Le capitaine commandant était Joseph CLUZEL, notaire royal et le capitaine, Jean Vital BRESSE, Bourgeois. Jean Vital était le fils d’Etienne et le frère cadet de Jean Marcel.

C’est Jean Marcel BRESSE qui s’implique le plus dans la vie de la commune, puisqu’il semble que dès la première élection municipale, il fut élu officier municipal, puis Maire à partir du 16 Pluviose an III (4 Février 1795). Il fut renommé Maire, le 16 Pluviose an IX (4 Février 1801), puis maintenu le 31 Décembre 1807 et de nouveau le 15 Janvier 1815 jusqu’à son décès le 22 Décembre 1820. Il s’occupa donc de la vie municipale, en plus de son métier de fermier, pendant environ 30 ans.

Son nom apparaît, en tant qu’officier municipal, secrétaire, puis maire dans de nombreux Procès-verbaux et décisions du Conseil Municipal.

En tant qu’officier municipal :

– Emprunt pour l’équipement de la Garde Nationale, arrestation manquée d’un déserteur comme recrue pour la cavalerie, décision concernant la contrebande des grains, démission du Curé, organisation de la Fête de la Fédération (14 Juillet 1790), et celle du 10 Aout 1793, tirage au sort pour la levée d’une Garde nationale de 3200 hommes, en Isère, pour arrêter l’invasion des Piémontais sur le Département du Mont Blanc, réquisition d’un cheval, celui de Jean Marcel, pour équiper 30 000 hommes de troupes à cheval, décidée par la Convention, le 27 Juin 1793, réquisition des armes le 28 Avril 1794, installation de la Société Populaire.

En tant que Maire

Après l’arrivée au pouvoir de Bonaparte, le 18 Brumaire an VIII (9 Novembre 1799), le Conseil Municipal fêta dans la liesse cet anniversaire, le 9 Novembre 1801 et fit une déclaration qui fut envoyée à la Sous-Préfecture de Vienne.

Beaucoup d’autres décisions du Conseil Municipal ou Procès verbaux ont été effectués pendant l’Empire et la Restauration.

Jean Victor BRESSE (1789-1861)

Après avoir été officier municipal, il fut nommé Maire d’Artas, le 13 Décembre 1831. Il fut renommé le 21 Septembre 1843, maintenu le 10 Novembre 1847 et réélu le 26 Aout 1848. Renommé une nouvelle fois le 10 Juillet 1855, il est maintenu le 11 Aout 1860. Il est décédé le 5 Mai 1861. Il s’est donc occupé de la vie communale, en plus de son métier de notaire, pendant au moins 30 ans.

En tant que Maire, il a eu à gérer la dernière disette en 1847 qui atteignit durement les masses populaires. L’année 1846 se distingua par une mauvaise récolte de pommes de terre et de céréales (sécheresse printanière et pluies estivales abondantes). En 1847, la commune demanda de lever un impôt extraordinaire pour rétribuer les indigents occupés à l’entretien des routes.

Au moment de l’élection présidentielle de 1848 qui devait désigner le futur Président de la République, les 2 candidats étaient Louis Napoléon Bonaparte, et le Général Cavaignac, président du Conseil des Ministres. Le préfet de l’Isère adresse une lettre au Maire d’Artas, en lui disant :  » Ce n’est pas le Préfet qui vous écrit, c’est le citoyen. Avec Louis Bonaparte, on marche vers l’inconnu… Que pourrez-vous attendre de l’avenir quand vous aurez donné pour tuteur à la République l’homme qui n’a jamais rêvé que de l’Empire... »  Louis  Napoléon a été élu avec 75 % des voix. Cette lettre ne fut sans doute pas prise en compte par Jean Victor, car il a été félicité par le nouveau Préfet de l’Isère, le 7 Mars 1850, pour ses sentiments bonapartistes, ce qui a été traduit par un hommage, émis comme un voeu du Conseil Municipal. De même pour la restauration de l’Empire en 1852.

Jean Louis Gustave BRESSE (1819-1884), mon arrière-grand-père

Il était le fils d’Innocent François Candide. Il fut avoué à Vienne. Il devint Maire d’Artas le 18 Mai 1871, réélu le 8 Octobre 1876 et le 23 Janvier 1881.

Charles LACOMBE (1885-1965)

Il fut élu Maire, le 10 Décembre 1919, c’est à dire à 34 ans. Il fut réélu en 1925 et en 1929. Il resta Maire jusqu’en 1935, c’est à dire pendant 15 ans. Il a été aussi Conseiller Général au Département.

Il s’est occupé de l’installation de l’électricité, de l’amélioration de la voirie, pour assurer une meilleure circulation, en particulier pour les voitures. Il a créé un réfectoire à l’intérieur de l’école, pour que les enfants des hameaux puissent se préparer un repas chaud. Il a créé un cinéma scolaire. Il a fait construire un immeuble où se trouve située la Poste avec l’aide d’un emprunt et des subventions de l’Etat. Il a créé une succursale de la Caisse d’Epargne de Vienne. Il a fait étudier un projet d’adduction d’eau pour que tous les hameaux soient desservis.

La génération suivante : celle de Jean Marcel BRESSE (1759-1820)

Jean Marcel BRESSE, dont je descends, est né le 5 septembre 1759 à Villeneuve de Marc. Il s’est marié avec Marie CLERET, de Saint Georges d’Espéranche, née en 1763.

Ils ont eu 9 enfants: 7 garçons et 2 filles.

Jean Marcel était propriétaire au Revollet d’Artas. Il devint Officier municipal d’Artas, puis Maire de la commune, à partir de l’an III (1795) et Juge de Paix de Saint Jean de Bournay. Il est mort à Artas, le 22 Décembre 1820, à 61 ans. Marie CLERET est décédée en 1837, à 74 ans.

(Cliquez sur document pour faire un zoom et faites un retour pour retrouver le texte).

Jean Marcel BRESSE a vécu la Révolution, et il a été un des premiers maires de la commune d’Artas.

Après la Révolution, les maires sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles, par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail.

La première élection à Artas date de 1790. Jean Marcel a été successivement Officier municipal et Maire, jusqu’en 1815. La famille BRESSE a fourni plusieurs maires à la commune d’Artas, sur 4 générations.

Le calendrier républicain a été adopté par la Révolution, à partir de 1792 jusqu’ à 1806. Il débute le 1er vendémiaire an I (22 Septembre 1792),  jour de proclamation de la République, déclaré premier jour de l’« ère des Français ». Chaque nom de mois rappelle un aspect du climat français (décembre, nivose en rapport avec le thème de la neige) ou des moments importants de la vie paysanne (septembre, vendémiaire, les vendanges). Chaque jour est caractérisé par le nom d’un produit agricole, d’une plante, d’un animal ou d’un outil en lieu et place des noms de saints du calendrier traditionnel. De ce fait, ce calendrier, que ses concepteurs voulaient « universel », était fortement lié à son pays d’origine et au poids économique que représentaient les activités agricoles à l’époque. Napoléon abrogea le calendrier républicain et instaura le retour au calendrier grégorien à partir du 1er Janvier 1806.

Le premier fils de Jean Marcel, Louis Antoine Alexandre, est né le 27 Décembre 1787, marié à Marie Félicité GERBOLLET. Ils eurent 3 enfants.  Il était propriétaire au Revollet d’Artas. Il est mort à Artas en 1852.

Son deuxième fils, Jean Baptiste Victor, est né le 12 Mars 1789, marié à Victorine CLERET, de Saint Georges d’Espéranche, née en 1807 (lien de parenté avec sa belle-mère ?). Ils eurent 3 enfants. Il était notaire à Artas. Il est élu maire plusieurs fois à partir de 1831 jusqu’ à sa mort, le 5 Mai 1861.

Le troisième fils, Innocent François Candide, dont je descends, est né le 9 Mars 1791, à Artas. Il est décédé le 7 Mars 1864, à Vienne, à presque 73 ans. Il a épousé Marguerite Louise PEROUSE, le 7 Septembre 1818. Il avait 27 ans et elle 17 ans.

Marguerite Louise PEROUSE est née à Saint Alban du Rhône, le 1er Juillet 1801. Son père, Jacques PEROUSE, était notaire royal au Parlement du Dauphiné. Sa mère était Jeanne Marie COURBON des GOUX de FAUBERT.

Innocent François Candide, négociant en laines, est venu s’installer à Vienne.

Marguerite Louise PEROUSE est décédée à Vienne, le 13 Janvier 1825, à 23 ans:

Ils n’eurent que 2 fils :

Jean Louis Gustave, en 1819, dont je descends

– Jacques Antoine Charles, en 1822. C’est lui qui a son nom sur la Tour Eiffel et vous pouvez consulter sa biographie, avec des éléments nouveaux, sur le premier article.

Innocent François Candide a bien réussi, puisque c’est lui qui a acheté et fait construire la maison bourgeoise du Chemin des Maladières, avec 4 ha de terres et des fermes. Cette propriété est restée dans la famille 4 générations.

Innocent François Candide, est né juste après la Révolution. C’est pour cela qu’on lui a donné des prénoms qui tranchent, avec la lignée précédente :

–  Innocent vient du latin qui « ne nuit pas ». Il correspond à souvent à des enfants Capricornes, puisque les saints Innocent sont fêtés le 28 décembre. Il y a eu aussi des Papes Innocent.

Candide vient du latin « candidus », d’un blanc brillant. Le prénom Candide a surtout été rendu célèbre avec le roman de Voltaire (1759), dont le héros démontre que « tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ». Le mot est passé dans la langue courante pour désigner un jeune homme un peu innocent. Candide fut un martyr à Rome. Il se fête le 3 octobre.

L’enfant suivant de Jean Marcel, est une fille, Marie Antoinette Emilie, née à Artas, le 8 Août 1793. Elle s’est mariée, le 19 Novembre 1813, à Marc NEMOZ de la Batie Montgascon. Elle a eu une fille. Elle est morte à Artas, le 8 Avril 1865.

L’enfant suivant de Jean Marcel, est un fils, Jean Etienne. Il est né le 25 Messidor an III (13 Juillet 1795). Il est décédé en 1796.

L’enfant suivant de Jean Marcel, est un fils, Joseph Etienne. Il est né le 8 Prairial an V ( 27 Mai 1797). Il s’est marié à Marie PIGNARD le 20 Septembre 1850, à 53 ans. Il a eu 2 fils. Il était propriétaire. Il est mort à Artas en 1866.

L’enfant suivant de Jean Marcel, est un fils, Benoit Marcel. Il est né le 7 Floréal an VIII (27 Avril 1800). Il s’est marié avec Joséphine VERDELET, en Novembre 1828. Ils eurent 8 enfants.  Il était propriétaire. Il est mort à Artas en 1876.

L’enfant suivant de Jean Marcel, est un fils, Sixte Hippolyte. Le prénom Sixte, vient du fait que c’est le 6 ème fils. Il est né le 16 Germinal an XII (6 Avril 1804). Il est mort à Lyon, sans descendance.

Le dernier enfant de Jean Marcel, est une fille, la deuxième, Jeanne Marie Unité. Le choix du prénom Unité, contraste aussi avec les prénoms habituels, peut-être en rapport avec la Révolution.  Elle est né 10 Novembre 1806. Elle a épousé, en 1826, Philippe André ORJOLLET, médecin à Saint Jean de Bournay. Ils n’ont pas eu de descendance. Elle est décédée, le 13 Août 1894, à 87 ans.

Du fait que Marguerite Louise PEROUSE est décédée le 13 Janvier 1825, à 23 ans, Innocent François Candide, confie son fils, Jacques Antoine Charles, agé de 3 ans, à sa soeur, Jeanne Marie Unité, sans enfants, qui va lui servir de mère.