Mon grand-père : Louis François, dit Francis, BRESSE (2 ème partie)

Quel a été son rôle sur la propriété et la maison de Saint Marcel ?

La propriété s’est agrandie : mon grand-père a acquis des terrains qui étaient sur le plateau au-dessus de la propriété des Lesueur, industriels de Vienne. La maison s’est agrandie pour atteindre sa situation actuelle.

Vers 1894, au moment de la naissance de mon père, le 2 ème étage a été surélevé, et on a créé le 3 ème étage avec des petits clochetons. On a créé des chambres au 2 ème étage.

Vers 1908, il y a eu l’aménagement du rez-de-chaussée actuel, du 2 ème dont une partie était restée en grenier et des chambres au 3 ème.

Vers 1924, création de la salle du billard au 1 er étage, création d’une montée d’escalier du 1 er au 2 ème par la salle du billard. Le 1er étage avait un accès par l’extérieur et même un accès par le chemin de l’Octroi, indépendant.

C’est cette partie qui a été ensuite coupée en deux, lors de la succession de mon grand-père en 1945. Cela faisait 2 logements indépendants.

C’est mon grand-père qui a amené toutes les commodités, comme le chauffage central, dont la chaudière était située au rez-de-chaussée, une cuisine toute équipée avec des lumières qui s’allumaient pour les domestiques si quelqu’un appelait depuis une chambre. Il y avait une buanderie au niveau du logement à l’étage. Il y avait un grand garage, donnant sur le chemin de l’Octroi. Il y avait dans ce garage, un pressoir et une cuve pour faire le vin. Il y avait un cellier avec des tonneaux pour stocker le vin. Il y avait aussi des endroits de stockage du charbon et du bois, pour la cuisine et la chaudière. L’entrée principale par le chemin de l’Octroi était faite avec un décor en ciment, en forme de grotte, typique des années 1900, avec une véritable amphore romaine.

Mon arrière-grand-père et mon grand-père avaient réalisé tout l’aménagement extérieur du jardin d’agrément : la grande allée située devant la maison, avec une terrasse extérieure, des balustrades typiques de l’époque. Il y avait un immense érable sycomore qui faisait beaucoup d’ombre, pour pouvoir manger dessous.

Partout dans le jardin, il y avait des lieux privilégiés, avec un terrain pour jouer à la boule lyonnaise, des abris décoratifs, avec une armature en fer. Il y a eu aussi des plantations d’arbres, comme les platanes dans l’allée principale, des pins et des sapins, et même un sequoia.

Allée principale de la maison de Saint Marcel, avec le sycomore. Crédit Photo JF BRESSE

L’alimentation en eau

Comme toutes les propriétés de l’époque, il n’y avait pas l’eau de ville apportée par la commune. Elle n’est arrivée que dans les années 1950. La propriété était alimentée par des puits situés sur la propriété et surtout par une source privative qui était située vers Jardin. Il y avait une canalisation qui amenait cette eau jusqu’à la propriété. Elle suivait la route départementale, puis passait en dessous pour alimenter la maison et allait, car il y avait du débit et de la pression jusqu’à un bassin qui avait été creusé sur le plateau, comme trop-plein. Ce bassin avait à peu près 15 mètres de diamètre et une profondeur de 2 m, au plus profond. Il a beaucoup servi pour l’arrosage des cultures et du jardin. Ce bassin a aussi servi de piscine, l’été. Quand, il y a eu l’eau de ville, il y avait un système qui permettait de basculer d’une eau à l’autre.

Bassin du trop plein de la source qui alimente la maison. Crédit photo JF BRESSE

Quelles étaient les cultures ?

Il y avait une ferme sur la propriété avec une famille de paysans. Du temps de mes grands-parents, la propriété était pour l’essentiel de la vigne. C’est pour cela que le garage était équipé pour le vin.

Pour plus de détails sur la propriété et la maison de Saint Marcel, voir l’article précédent.

Une de ses passions, les randonnées en montagne

Il allait, en particulier avec un guide de montagne très connu à son époque, Pierre Gaspard, dit « père Gaspard », né le 27 mars 1834 à Saint-Christophe-en-Oisans (département de l’Isère, France) et mort le 16 janvier 1915 dans ce même village, est un alpiniste français. Il réalise la première ascension de la Meije (massif des Écrins, Alpes françaises) le 16 août 1877 avec son fils et Emmanuel Boileau de Castelnau ; ascension suivant l’arête du promontoire, qui deviendra la voie « normale ».

Voilà ce qu’en dit Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Gaspard

Lettre écrite par Pierre Gaspard, à mon grand-père, qui lui propose de venir faire une course, avec lui, en Octobre 1898. Pour voir l’image en grand, cliquez droit et faites « ouvrir dans un nouvel onglet »

Où était situé son office d’avoué, qui a pris la suite ?

Papier à en-tête de l’office

D’après les courriers qu’il a envoyé jusqu’à la fin de sa vie, c’est 12 boulevard de la République à Vienne.

Coïncidence : nous habitons actuellement aussi 12 boulevard de la République, à Fontenay aux Roses.

Qui a pris la suite : André JALLES, puis ensuite Charles FRECON et SEGUIN qui se sont occupés des successions de la famille BRESSE.

Que s’est-il passé pendant la guerre de 14-18 ?

Comme nous l’avons vu précédemment, mon grand-père s’est beaucoup impliqué sur la vie de la commune, pour les œuvres au secours aux militaires et aux victimes. Il avait organisé le foyer du Soldat et il était le Président de la Fédération des œuvres d’entraide. Il avait 54 ans en 1914.

Que s’est-il passé pour ses enfants ?

Françoise (1887-1860), a épousé le 19 décembre 1911 Paul SAUTREAUX (1885-1928), médecin.
Ils avaient déjà une première fille, Renée, née le 16 Mars 1913 qui est devenue religieuse, au Carmel de Lyon. Ils eurent aussi une 2 ème fille, Henriette, née le 1er Février 1914 qui est décédée en 1917.
Paul SAUTREAUX a été mobilisé, en tant que médecin. Il est d’abord parti aux Dardanelles, puis sur le front en France. Mon père l’a rencontré (cité dans ses mémoires). Ma tante Françoise a du revenir à la maison de Saint Marcel pendant la guerre.

Ma tante Françoise, avec sa fille Renée, à Saint Marcel. Crédit Photo Paul BRESSE

Henri-Octave (1888-1915), était ingénieur des Mines, en 1911. Il a fait son service militaire dans l’Artillerie, entre le 1er Octobre 1911 et le 1 er Octobre 1913. Il commençait à travailler. Il était fiancé.
Il a été mobilisé, lieutenant au 1er Régiment d’Artillerie Lourde, responsable d’un canon à courte distance des lignes de front. Il a été tué le 12 Mai 1915, par un éclat d’obus, au Mont Saint Eloi, où il est enterré.

Henri BRESSE, lieutenant au front de la guerre

Louise-Madeleine, dite Madeleine (1889-1981) a épousé Pierre GARDON (1884-1979) en 1913 qui était Juge de Paix. Ils n’ont pas eu d’enfants.
Pierre qui avait 30 ans en 1914, n’a pas été mobilisé, compte-tenu de sa constitution.

Madeleine BRESSE et Pierre GARDON en 1913. Crédit Photo Paul BRESSE

Paul-Eugène (1891-1973), était handicapé par de la surdité. Il a été réformé.
Un hôpital militaire a été créé à Vienne, et Paul est devenu infirmier ou aide-soignant pendant la guerre.

Paul BRESSE, en haut à droite, à l’hôpital militaire. Crédit photo Paul BRESSE

Jean Louis Félix Gabriel (1894-1982) mon père, a passé le concours de Saint Cyr en 1914, mais n’a pas été admis.
Il est parti comme simple soldat à la guerre le 3 Septembre 1914, avec le 99 ème régiment d’infanterie. Il est devenu caporal, le 17 Mai 1915.

Jean BRESSE, caporal en 1915. Crédit photo Paul BRESSE

Comment se fait-il que le caveau de la famille BRESSE à Vienne a été partagé avec la famille GUY ?

Jusqu’à mon arrière-grand-père, Jean Louis Gustave, les inhumations se faisaient à Artas.

Le décès de mon oncle, Henri BRESSE, le 12 mai 1915 pendant la guerre de 14-18 a pris de court, mon grand-père. Mon oncle a été enterré dans un cimetière militaire, au Mont-Saint-Éloi, 62589, Pas de Calais, mais mon grand-père a voulu commémorer son décès par un caveau avec une sculpture avec son effigie.

Comme, il n’y avait sans doute pas de caveau disponible au cimetière de Vienne, à cette époque, mon grand-père s’est entendu avec Mr Victor GUY, habitant 22 rue du Musée, capitaine de vaisseau, pour partager un caveau. Ce fut donc le caveau famille GUY/ Francis BRESSE.

Mon grand-père a fait mettre un monument funéraire avec le portrait de mon oncle Henri.

Caveau Famille GUY et Francis BRESSE . Crédit photo JF BRESSE

Le caveau tel qu’il a été pris en photo en 2016, avec le monument funéraire à l’effigie de Henri BRESSE

Dans ce caveau ont été également enterrés :
– Marie-Henriette SAUTREAUX, 2 ème fille de ma tante Françoise, en 1917
– Francis BRESSE, en 1941
– Emma BERTINI, en 1950
– Madeleine SEVE, en 1943
– Jean Louis BRESSE, mon père, en 1982

Correspondances de mon grand-père

Lettre de mon grand-père à mon père, le 21 Juin 1931

Mon père avait eu une opération pour une péritonite, au Val de Grace, mais qui a été longue à se remettre.

Lettre de mon grand-père à mon père, du 11 Juillet 1940, en période d’occupation allemande, pour que mon oncle Paul puisse se rendre au Val André, en Bretagne, depuis Paris.

A cette époque, on ne savait pas comment joindre quelqu’un autrement que par un courrier.

Autres photos de mon grand-père

A gauche, vers 1910 (50 ans). A droite, près de 1930, à 70 ans.

Quelques souvenirs de mon grand-père, que j’ai eu par mon père

Souvenirs liés aux repas de mon grand-père à Saint Marcel
Comme, mon grand-père avait beaucoup de relations et d’amis, comme Jules RONJAT, un linguiste français, des membres de la bourgeoisie de Vienne. Ces participants avaient des origines paysannes. Un jour, à la fin du repas, qui devait être très copieux, ma grand-mère avait proposé du thé, plutôt que du café. Quelle n’a pas été la réaction des participants : « de la tisane, non merci »

Souvenirs de l’avant la guerre de 40 -45
Mon père était dans l’armée et suivait ce qui se passait en Allemagne dans les années 30. Il écoutait, en particulier les radios allemandes. Il entendait les discours d’Hitler, les défilés militaires. Il savait que la guerre avec l’Allemagne était inéluctable. Lorsqu’il venait à Vienne et discutait avec mon grand-père, celui-ci ne s’inquiétait pas, car il y avait eu les accords de Munich, en 1938, pour «éviter la guerre», qui ont permis aux allemands d’annexer les Sudètes, après l’Anchluss avec l’Autriche. On connait la suite.

La santé de mon grand-père
Je ne sais pas de quoi est décédé mon grand-père, car cela a été assez subit; peut-être une crise cardiaque ou cérébrale.
Mon père m’a dit qu’il avait qu’une hantise, c’était d’avoir la prostate.
Son problème récurent était son intestin. Son intestin était ballonné en permanence. Il disait : « si mon intestin pouvait y avoir un robinet pour évacuer les gaz, cela me soulagerait« 
Ces problèmes d’intestin, mon père les a eu aussi et moi également depuis l’âge de 40 ans.

Souvenir lié à mon départ pour un an au Canada
Lorsque j’annoncé à mon père, en 1981, que nous allions partir pour un an au Canada, cela lui a rappelé un souvenir. Mon grand-père avait eu un clerc d’avoué qui un jour, lui a annoncé son départ au Canada. Cela était assez peu fréquent à l’époque

Mon grand-père : Louis François, dit Francis BRESSE (1 ère partie)

Louis François, dit Francis BRESSE a été le 3 ème enfant et seul fils de Jean Louis Gustave BRESSE

Il a eu une sœur ainée, Louise BRESSE (1855-1625) a épousé Louis LACOMBE qui est devenu notaire à Artas

La famille LACOMBE est restée très impliquée à Artas, car le fils Charles a été notaire, Juge de Paix, Maire d’Artas (1919-1935)

Sa deuxième sœur, Isabelle Françoise Marguerite BRESSE (1859-1900) a été religieuse et est décédée à Montélimar, à 41 ans.

Louis François, dit Francis BRESSE est né le 26 décembre 1860 (mercredi) à Vienne (Isère)

Quelle a été sa jeunesse ?

Nous n’avons pas tellement d’informations sur sa jeunesse. On sait juste qu’il a du faire ses études au Collège Ponsard qui est un collège public venant d’un collège de jésuites, créé en 1622.

Sur cette photo de la classe du baccalauréat, Francis BRESSE est sur le rang du haut, le deuxième en partant de la droite. A cette époque, très peu d’élèves passait le baccalauréat ; les élèves sont bien habillés et certains sont même en uniforme avec un képi.

Il a sans doute poursuivi ses études à la faculté de droit de Lyon. Il avait la licence de droit.

Quand est-ce qu’il a pris la suite de son père comme avoué ?

Gustave BRESSE est décédé le 5 Mai 1884, à 64 ans, Francis avait 23 ans et demi. Il a pu alors prendre la suite de son père, comme avoué.

Quel a été son mariage ?

Il s’est marié le 14 Juin 1886 avec Emma, Octavie, Julie BERTIN, dit BERTINI. Elle est née le 8 Novembre 1861, à La Tronche (Isère) près de Grenoble.

Emma BERTINI et Francis BRESSE au moment de leur mariage

Emma, Octavie, Julie BERTIN, dit BERTINI était la fille de Henri Gabriel BERTIN, et de Julie Félicie BUISSON. Ils ont eu 2 enfants, avec un fils Charles Henri, né en 1856 et décédé en 1938.

Henri Gabriel BERTIN était le fils de Henri Jérôme BERTIN  dit BERTNI, compositeur de musique, connu aussi pour sa méthode de piano. Voici ce qu’en dit Wikipédia : https://en.wikipedia.org/wiki/Henri_Bertini

Pourquoi leur mariage a fait l’objet d’un contrat, signé le 30 Mai 1886 ?

Le régime est celui de la communauté réduite aux « acquêts ». Les « acquêts » sont des biens meubles ou des biens immeubles qui, à l’exception de ceux acquis par succession, donation ou legs, lesquels restent des biens propres, sont entrés dans l’indivision du chef de l’un de l’autre ou des deux époux durant le mariage.

Dans le cas de mon grand-père, il s’agit surtout de l’office d’avoué, obtenu par un décret du Président de la République, pour un montant de 18 000 Francs, un cautionnement de 2 600 Francs, le mobilier de l’étude de 2000 Francs et une assurance vie de 10 000 Francs, différents meubles et bijoux (3 000 Francs) et un vestiaire de 800 Francs, soit un total de 36 400 Francs.

Pour ma grand-mère, suite au décès de son grand-père, Henri Jérôme BERTINI, en 1876, du mobilier, de l’argenterie, vaisselle, et surtout le piano Erard de son grand-père (qui est resté à la maison Saint Marcel jusqu’au règlement de sa succession en 1950), d’un montant de 3 500 Francs, d’un trousseau de ligne de 2 500 Francs, de différentes pensions de rente, de 600 /an et  de différentes obligations et actions. Elle a donc aussi hérité de biens de son père, Henri Gabriel BERTIN, décédé en 1873.

Quelle a été sa descendance ?

Pour voir l’image en grand, cliquez droit et faites « ouvrir dans un nouvel onglet »

Ils ont eu 6 enfants, dont une fille, Marie Isabelle, décédée à 5 mois.

Françoise (1887-1860), qui a épousé Paul SAUTREAUX (1885-1928), médecin

Henri-Octave (1888-1915), ingénieur des Mines, qui a été tué pendant la guerre de 14-18

Louise-Madeleine, dite Madeleine (1889-1981) qui a épousé Pierre GARDON (1884-1979) Juge de Paix

Paul-Eugène (1891-1973) architecte qui a épousé Antoinette Marie ODIER-MECKLING (1915-1983)

Jean Louis Félix Gabriel (1894-1982) mon père qui a épousé Madeleine Marie SEVE (1903-1943), puis Suzanne Elisabeth HENRY (1911- 2000), ma mère.

Les 5 enfants, avec de gauche à droite : Françoise, Jean, Paul, Henri, Madeleine. Photo colorisée par Jean-Claude FINAND
Mon grand-père, avec les 5 enfants : de gauche à droite : Paul, Jean, Françoise, Emma BERTINI, Madeleine, Henri, Antoinette BRUNET, sa mère, mon grand-père. (photo prise vers 1895)

Qu’est-ce qui a fait qu’il a entamé une carrière politique ?

De la même façon que son père qui était avoué est devenu maire d’Artas, il devenu conseiller municipal de Vienne en 1900, puis maire en 1902, comme d’autres notaires/avoués.

Il a été élu le 21 Juin 1902. Il a démissionné de son mandat de maire, en 1906, car il ne supportait plus le fonctionnement du Conseil Municipal. Il a été remplacé par Joseph BRENIER, qui est resté Maire jusqu’en 1919. Il est devenu député en 1910, et c’est lui qui était Maire pendant la guerre de 14-18.

Francis BRESSE a été élu Conseiller Général au Département de l’Isère, en 1910 jusqu’en 1928. Il était au Parti Radical Socialiste.

Contrairement à beaucoup d’autres maires, il n’a pas son nom de rue à Vienne, comme Ronjat, Miremont, Riondet, Mermet, Faugier, Brillier, Brenier, Pajot, Hussel.

Parmi ses amis, un ancien maire, Jules RONJAT, un linguiste français, docteur ès Lettres, spécialiste de la langue d’oc : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ronjat

Selon le Journal de Vienne : « Il était de ceux qui jouissent de la considération générale pour l’effort qu’ils ont apporté aux intérêts collectifs régissant les citoyens d’une même cité »

Quel a été son rôle en tant que Maire et Conseiller Général ?

Son rôle pendant la guerre de 14-18

Pendant la Grande Guerre de 1914-18, il s’est dépensé sans compter pour les œuvres au secours aux militaires et aux victimes.
Il a organisé le foyer du Soldat et il était le Président de la Fédération des œuvres d’entraide.

Son implication lui a valu le ruban de Chevallier de la Légion d’Honneur.

Pendant la Guerre de 14-18, un journal « Vienne et la Guerre » a été diffusé quotidiennement, dont le premier numéro est paru le 18 octobre 1914, et le dernier le 10 août 1919, avec une interruption de mai à décembre 1918. Il a été publié par souscription. J’ai un certain nombre de ces journaux, d’Octobre 1916 à fin 1918.

Les articles que l’on peut consulter dans les différents numéros, de nombreuses biographies de personnalités civiles et militaires combattantes ou non, d’articles accompagnés de nombreuses photos sur les différents évènements de toute nature qui se sont produits dans notre ville et sa région. Des nouvelles du front, des témoignages de combattants, de prisonniers….

A partir de Février 1915, une nouvelle rubrique « le Panthéon Viennois » où un hommage est rendu aux combattants de tous grades Mort pour la France, sous forme d’une biographie souvent accompagnée de leur photo.

Tous les numéros ont été conservés par la société « Les Amis de Vienne » (voir plus loin) et Jean Claude FINAND, membre du C.A. de la Société des Amis de Vienne les a numérisé en 2013 et a répertorié tous ces documents qui font maintenant partie des archives des Amis de Vienne. Ils sont disponibles au format PDF avec recherche à la médiathèque de Vienne « le TRENTE », et aux Archives Communales de Vienne.  Le TRENTE : https://bibliotheques.vienne.fr/

La Une du N° 5 de Novembre 1914, était consacrée à mon grand père qui a aussi écrit un texte adressé aux Viennois et aux Viennoises.

Voici un extrait du texte de mon grand-père :

« Vienne qu’on a appelé tour à tour Vienne la Belle, Vienne la Forte, Vienne la Sainte, Vienne la Patriote, est resté digne dans le présent de ces glorieux qualificatifs du passé. Elle est belle notre ville, belle de sa situation merveilleuse, qui a arraché au poète Mistral un cri d’admiration lorsqu’elle est apparue à ses yeux avec ses maisonnettes et ses villas étalées en éventail sur ses pentes ardues, ses clochers ses temples et ses tours qui rappellent du passé l’histoire auguste, avec son Rhône éblouissant qui la borde comme un ourlet d’argent, et dans le lointain le Pilat avec ses trois dents bleuâtres.

Elle est forte avec ses usines, ses ateliers, son air de rude travailleuse qui jamais ne se repose et jamais ne se fatigue pas.

Son enceinte formidable qui jadis là rendait imprenable et devant laquelle, aux âges lointains, a dû s’arrêter l’invasion Sarrazine, comme les barbares d’aujourd’hui s’arrêtent devant les remparts formés par la poitrine de nos soldats, cette enceinte de guerre a disparu, mais elle est remplacée par les bastions du Travail et les forteresses de l’Industrie.

…..

Aujourd’hui nous ne sommes plus aux âges héroïques, Vienne n’a pas de siège à soutenir et elle ne souffre, pas de l’invasion. Mais sous une forme plus simple et plus modeste les Viennoises font preuve, toute proportion gardée, des mêmes vertus que leurs illustres devancières, elles se montrent dignes des Blandine, des Clotilde et des Hermengarde.

Nous les voyons chaque jour, infirmières volontaires, s’adonner aux soins que réclament les blessés apportant à chacun le réconfort de leur douce présence et de leurs paroles d’encouragement, les gâtant et les choyant, comme elles feraient de leurs propres enfants.

Celles qui ne peuvent se rendre dans les hôpitaux confectionnent à l’envi les vêtements chauds dont nos soldats ont besoin.

D’autres se consacrent à l’oeuvre des Cantines populaires, assurant aux malheureux, aux vieillards, aux femmes et aux enfants de ceux qui combattent la nourriture nécessaire à leur subsistance.

Dames de la Croix-Rouge, bourgeoises de tout rang, ouvrières, fonctionnaires, toutes rivalisent de zèle dans l’accomplissement de la belle et noble fâche qu’elles se sont volontairement imposée.

….

En 1914 la tradition s’est renouée et l’effort est plus grand encore. Rien ne leur échappe, aucune misère ne les laisse indifférentes et dès qu’on leur signale un besoin à soulager, un service à rendre, elles accourent, elles sont là et elles font modestement et discrètement des prouesses de dévouement et d’abnégation.

Leur courage est à la hauteur de, la générosité de leur coeur. Toutes, mères, épouses, sœurs fiancées, ont supporté vaillamment, sans un mot de récrimination ou de plainte, l’heure cruelle de la séparation, et combien sont-elles celles qui, chaque jour, cachent sous un sourire l’angoisse qui les étreint lorsque n’arrivent pas les nouvelles qu’elles attendent du cher absent ?

Que dire de celles qui ont de plus douloureuses épreuves à supporter, et qui, silencieusement, au milieu de leurs larmes font hommage à la Patrie de la vie du héros dont elles pleurent la perte.

Viennoises d’aujourd’hui et Viennoises du passé, vous êtes belles, vous êtes fortes, vous êtes saintes, vous êtes patriotes comme votre cité elle-même, que dis-je, c’est vous qui avez mérité à votre cité tous ces titres qui font sa gloire.

C’est pourquoi, vieux Viennois de Vienne, je vous salue bien bas !… »

Pour lire le texte en entier, vous pouvez le télécharger : https://famille.bres.se/wp-content/uploads/2020/04/VIENNE-ET-LES-VIENNOISES_Francis_BRESSE.pdf

Ce texte a été écrit en Novembre 1914, et le dernier paragraphe « Que dire de celles qui ont de plus douloureuses épreuves à supporter, et qui, silencieusement, au milieu de leurs larmes font hommage à la Patrie de la vie du héros dont elles pleurent la perte. » était un peu prémonitoire, car Francis et son épouse Emma ont dû supporter la perte de leur fils ainé, Henri, Octave (voir 2ème partie)

Quel a été son rôle en tant que Conseiller Général ?

Il a été toute sa vie un artisan des œuvres sociales. Il a été Président de la Caisse du Crédit Agricole Mutuelle du Dauphiné, Président des pupilles de la nation, Président du Comice Agricole de Vienne-Roussillon. Président de l’Office des Habitations de Bon Marché de Vienne. Vice-Président de la Commission administrative des Hospices de Vienne.

En tant que Conseiller Général, il présidait la commission des routes et des chemins de fer. Il a participé à la création des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD)

Il dirigeait le Conseil d’Administration des Hospices de Vienne. Il a créé le Sanatorium de Seyssuel.

Un de ses collaborateur dans le domaine social : « L’esprit toujours ouvert aux progrès à réaliser dans le domaine social, il étonnait, malgré son grand âge, par la rudesse de ses conceptions et de la volonté agissante. Peu d’hommes auront marqué comme lui, leur passage dans notre ville. Il est de ceux qui tracent les sillons que d’autres suivent. »

Un autre collaborateur : « Très au courant des lois et de toutes les questions juridiques ayant de grandes connaissances agricoles, une expérience très approfondie du monde rural ; il fut un Président de 1 er ordre dont l’activité et la prudence furent justement appréciées. »

Chevalier de la Légion d’Honneur en 1920, il est devenu Officier le 22 Janvier 1938.

Francis BRESSE et la création de la Société des Amis de Vienne

Tout est parti, en 1903, d’un panneau « mosaïques à vendre » remarqué à Sainte-Colombe par un avocat viennois, Angéniol. Ce n’était pas la première fois que le patrimoine local allait être dépouillé ! L’une de ces mosaïques, celle de l’Enlèvement d’Hylas par les nymphes, découverte en 1902, fut en effet achetée par le général Léon de Beylié, qui en fit don au musée de Grenoble. Après avoir convaincu les plus sceptiques de ses amis (le maire Francis Bresse, le conservateur des musées, Ernest Bizot) l’avocat obtint que soient votés les premiers fonds et que soit créée une association sous le nom de « Société des Amis de Vienne » (assemblée constitutive du 21 mars 1904), enregistrée à la préfecture et publiée au Journal Officiel le 4 juin 1904. Les sceptiques avaient rejoint l’association et ce fut même le conservateur du musée qui en fut le premier président.

Depuis sa fondation en juin 1904 la Société des Amis de Vienne veille à « répandre la connaissance de l’histoire de la ville et des antiquités viennoises, protéger contre toute atteinte la beauté du paysage et des monuments viennois, enrichir les musées de la ville, attirer le plus grand nombre de touristes. »

Paul BRESSE, fils de Francis, a été un membre très actif de la Société des Amis de Vienne depuis 1921. Il était chargé de mission par le Ministre des Beaux Arts. Il a travaillé sur les édifices classée monuments historiques de la ville de Vienne. Il était un proche collaborateur de Jules Formigé, Inspecteur Général des Monuments Historiques, Président de l’Académie des Beaux Arts. En particulier, il rédigea une étude sur les fouilles à mener sur le site du Théâtre antique (romain) qui ont eu lieu de 1922 à 1938. Il a maintenant un nom de rue à Vienne.

Cette société est encore très active, elle organise :
– visites de ses monuments emblématiques ou plus modestes,
– publications grâce à un bulletin trimestriel où sont produites des études intéressant aussi bien le patrimoine urbain, industriel, archéologique.. que le patrimoine oral ou la mémoire et les traditions populaires ;
– cycles annuels de conférences.

Elle organise des actions de sauvegarde :
1907 : achat, grâce à une souscription, de la mosaïque du Châtiment de Lycurgue ; restauration de la statue de l’Apollon archer.
1912 : lancement d’une grande souscription publique, en vue de la restauration de la cathédrale Saint Maurice. La guerre ralentit et retarde l’exécution des travaux qui ne reprennent vraiment qu’en 1920.
1920-1924 : achat des terrains qui recouvrent les gradins du théâtre antique pour en faciliter le début des fouilles.
1928 : Dégagement et achèvement de la façade occidentale de Saint André le Bas, après l’achat et la démolition de vieux immeubles grâce à une nouvelle souscription et aux dons des sociétaires.
1938 : contribution à la restauration du cloître de Saint André–le-Bas, notamment par le don et la restitution des colonnettes du côté sud qui avaient été déposées au cours du XIXe siècle.
1958 : contribution financière de l’association pour le rachat de la statue monumentale de la Tutela chez un antiquaire parisien.
1977-1978 : sauvegarde des collections des musées de Vienne (mobilier XVIIe et XVIIIe s.).
2004 : contribution financière pour le nettoyage de la copie en plâtre de la statue d’Hygie.

Elle agit pour le tourisme à Vienne :
En vertu de ses statuts la Société s’est engagée à favoriser les conditions favorables au développement touristique de la ville de Vienne : par l’édition de guides illustrés, par la création d’un syndicat d’initiative (1909) qui deviendra municipal en 1947.

Elle est à l’origine de ressources documentaires
Une bibliothèque, des documents sur l’histoire de la ville, une photothèque, sont mis à la disposition des chercheurs ou des étudiants

Elle organise des cycles de conférences sur des sujets en relation avec l’histoire de la ville ou de la région. Comme par exemple, en 2011- 2012 « Le concile de Vienne 1311-1312. Au crépuscule des Templiers »
Elle organise aussi des visites ou des voyages culturels

Son site internet : https://amisdevienne.fr/

Francis BRESSE est décédé le 9 Octobre 1941, à l’âge de 81 ans

Voilà l’avis de décès imprimé, avec la liste des familles concernées

Mon arrière-grand-père : Jean Louis Gustave BRESSE (1819-1884)

(Cliquez sur document pour faire un zoom et faites un retour pour retrouver le texte).

Jean Louis Gustave BRESSE était le frère de Jacques Antoine Charles BRESSE. qui a son nom sur la Tour Eiffel.

Il était l’ainé des 2 enfants. Comme Jacques Antoine Charles, il a perdu sa mère très jeune, il avait 5 ans.

Son père, Innocent François Candide BRESSE, négociant en draps, à Vienne, le confie à sa soeur, Jeanne Marie Unité, qui vient de se marier et qui vit à Artas, berceau de la famille BRESSE. Elle va lui servir de mère. Il est élevé comme un paysan.

Nous n’avons pas beaucoup d’autres détails sur son enfance, ses études. Celles de Jacques Antoine Charles sont plus connues.

Même s’il est décédé en 1884, à 64 ans, nous avons juste une photo de lui, prise dans un album de la famille.

Pourquoi Jean Louis Gustave BRESSE est-il devenu avoué ?

Innocent François Candide, a épousé Marguerite Louise PEROUSE dont le père, Jacques PEROUSE, était notaire royal au Parlement du Dauphiné, en 1787.

A Vienne, il y avait une étude de notaire créée par Jacques PEROUSE. Jean Louis Gustave a sans doute fait des études de droit. Il est devenu avoué, et l’étude PEROUSE qui est devenue PEROUSE-BRESSE.

Plus tard, son fils, mon grand-père, Francis BRESSE a repris la fonction d’avoué.

Une descendance PEROUSE a repris l’étude de notaire, qui est devenue plus tard FRECON, puis SEGUIN.

Quel était la fonction d’un avoué ?

Un avoué était un officier ministériel qui était seul compétent pour représenter les parties devant les cours d’appel.

Les professions d’avoué et d’avocat ont fusionné en 2012 sous l’appellation commune d’avocat.

Pourquoi Jean Louis Gustave BRESSE est-il devenu maire d’Artas ?

La famille BRESSE a géré la commune en tant que maire pendant près d’un siècle. La famille a gardé des terrains, des maisons. Ils se sont beaucoup impliqués dans la vie de la commune après la révolution en devenant maires.

Jean Louis Gustave BRESSE devient maire d’Artas, le 18 Mai 1871, réélu en 1876 et en Janvier 1881. Il est décédé le 5 Mai 1884 et a été remplacé par Mr DELAY. Il est resté maire 13 ans.

Qu’a-t-il fait de la propriété de Saint Marcel ?

Comme expliqué dans l’article précédent, Gustave BRESSE a vraiment fait construire la maison dans son pourtour actuel. C’est-à-dire le rez-de-chaussée avec une grande cuisine taillée en partie dans la roche, et avec une grande verrière, assez haute de plafond, une entrée en forme de hall, un salon avec des ouvertures donnant sur la rue en étage, une salle à manger taillée en partie dans la roche ainsi qu’une alcôve, un bureau donnant sur la rue, une chambre qui servait de lingerie. Au 1er étage, il y avait des chambres, au 2 ème étage, un grenier et une magnanerie. Il s’agissait d’un local, muni d’un système de chauffage, où se pratique l’élevage du vers à soie. Mon arrière-arrière-grand-père, Innocent François Candide avait aussi une magnanerie à Artas.

Quelle a été sa descendance ?

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Jean Louis Gustave BRESSE a épousé, en 1854, à 34 ans, Antoinette BRUNET qui avait 24 ans, qui était de Saint Clair du Rhône et d’origine paysanne.

Ils ont eu 5 enfants, dont seuls 3 ont vécus.

Louise BRESSE a épousé Louis LACOMBE qui est devenu notaire à Artas

La famille LACOMBE est restée très impliquée à Artas, car le fils Charles a été notaire, Juge de Paix, Maire d’Artas (1919-1935)

Isabelle Françoise Marguerite BRESSE a été religieuse et est décédée à Montélimar, à 41 ans.

Louis François, dit Francis, BRESSE, mon grand-père a pris la suite de son père, comme avoué, a été maire de Vienne et Conseiller Général au département de l’Isère.

Il a épousé en 1866, Emma BERTINI, petite fille du compositeur Henri Jérôme BERTINI.

La biographie de Henri Jérôme Bertini apparait sur Wikipédia : https://en.wikipedia.org/wiki/Henri_Bertini

Ceux qui sont enterrés à Artas

Jean Louis Gustave et son épouse, Marie Antoinette BRUNET sont enterrés à Artas.

Louise BRESSE et son époux, Louis LACOMBE sont enterrés à Artas.

En plus, il y a Marie Isabelle BRESSE, fille de mon grand-père et de Emma BERTINI, qui n’a vécu qu’un an et demi, avant que le caveau GUY-BRESSE n’existe à Vienne.

Que sait-on de plus sur Jean Louis Gustave BRESSE ?

Jean Louis Gustave BRESSE devait être un passionné de connaissances.

Dans la maison de Saint Marcel, il y avait dans le bureau de mon père, une grande bibliothèque avec des ouvrages reliés, dont certains appartenaient à mon arrière-grand père. Certains étaient reconnaissables car son nom était mentionné sur la reliure.

Ces ouvrages et ceux qui étaient dans la bibliothèque qui venaient de la famille BRESSE ont été partagés entre mes frères et sœurs au moment du décès de mon père. J’en ai actuellement un certain nombre dans ma bibliothèque.

Certains de ces ouvrages correspondaient à des cours qu’il avait recopié, car ils sont de son écriture manuscrite, avec aussi son nom mentionné pour chaque chapitre. C’est lui qui les a fait relier. Son nom apparait aussi sur la tranche.

Beaucoup d’ouvrages concernent la géographie, la géologie, la zoologie, la taille des arbres fruitiers, la chimie agricole pour améliorer les cultures…

Il a en particulier recopié de sa main un ouvrage en 2 tomes : une histoire de la formation de la terre et des continents et un descriptif des minéraux.

Je n’ai pas pu retrouver qui était l’auteur de cet ouvrage.

Nous n’avons que quelques pages manuscrites du 2 ème tome de cet ouvrage. Il comportait 429 pages.

Chaque minéral est décrit avec détail pour sa genèse, ses propriétés physiques (densité, dureté…) avec beaucoup de références bibliographiques. Il cite en particulier l’ouvrage du zoologiste et physicien Mathurin-Jacques Brisson : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mathurin_Jacques_Brisson

Voici par exemple, la page 421 du tome 2 sur la « Pierre de Lard et craie d’Espagne »

Ainsi que la table des matières du tome 2, qui mentionne la suite des époques de la formation de la terre.

Les descendants de Jacques Antoine Charles BRESSE

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Pour l’article sur Jacques Antoine Charles BRESSE, cliquez sur le lien : http://famille.bres.se/?p=4

Jacques Antoine Charles BRESSE, à 34 ans, se marie en 1856 avec Pauline RAY, qui a 20 ans. Ils n’auront qu’un seul enfant, Charles François Marcel, né le 2 Avril 1857 qui est lui-même devenu Inspecteur Général des Ponts et Chaussées

Charles François Marcel BRESSE (1857-1934)

A 19 ans, après des études aussi brillantes  dans le  domaine  littéraire  que dans le domaine scientifique, Marcel Bresse entrait  second à l’École Polytechnique. Il en sortait en I878 dans le corps des Ponts et  Chaussées.

Peu de temps après sa sortie de l’École  et  à  la  suite  d’un séjour à Romorantin, où il eut à construire deux écluses et à consolider de nombreuses tranchées argileuses de chemin de fer,

Marcel Bresse fut attaché, à  la résidence  de  Châlons,  au service de la  navigation  de la  Marne et  du  canal de l’Aisne  à  la  Marne en même temps qu’au contrôle du chemin de fer de l’Est.

C’est à Châlons, en 1887, qu’il épousa Mlle Bellom, fille et nièce d’inspecteurs généraux des Ponts et Chaussées, si bien  que  le corps des Ponts, dans lequel lui  et  les  siens  remplissaient  les plus hautes charges, devint pour lui une véritable famille.

Nommé à Paris le 1er février 1889, M. Bresse est tout d’abord attaché au service de la Commission de l’annonce des crues. A ce titre, il est chargé de donner un état statistique des jaugeages effectués dans les principaux bassins afin de mettre l’administration au courant des données acquises et des lacunes existant dans la détermination des débits des principales rivières. Cette étude est conduite avec une telle méthode et une si grande perspicacité qu’elle vaut à son auteur les félicitations de la Commission et celle du ministre des Travaux Publics. Elle a été publiée dans les Annales en 1897. Ce rapport, qui se termine par un examen de la valeur pratique relative des différents procédés de jaugeage, est présenté avec une clarté et une précision qui en rendent la lecture particulièrement attrayante et instructive.

Mais  le  service de  la  Commission  de  l’annonce  des  crues  ne suffisait pas à l’activité d’un ingénieur de 32 ans; aussi fut-il affecté à la 2 eme puis à la 3 eme section de la Navigation de la Seine; simultanément, il eut dans ses attributions le contrôle de l’exploitation des réseaux de l’Ouest, des Ceintures et des chemins de fer de l’État, puis le service du chemin de fer du pont de l’Alma à Courbevoie, le contrôle des études du raccordement de la ligne des Moulineaux avec les lignes de Paris au Mans et à Versailles, le contrôle des lignes en construction ou à construire dans Paris : ligne des Moulineaux, ligne de Courcelles à Passy et au Champ de Mars

C’est ainsi qu’arriva le moment où Marcel Bresse, proposé en termes particulièrement élogieux pour le grade d’ingénieur en chef, fut chargé, dans les premiers mois de l’année 1898, des services du département de la Corrèze ; moins de deux ans plus tard, il revint à Paris, où il servit quatorze ans comme ingénieur en chef et quatorze ans comme inspecteur général.

Il s’acquitte de ces différentes fonctions de la façon la plus parfaite, si bien que, le 16 juin 1910, à l’âge de 53 ans, il se voit confier les hautes fonctions de Directeur de l’inspection des chemins de fer de l’État. Trois ans plus tard, il est promu au grade d’inspecteur général, tout en conservant sa direction.

L’administration a fait appel à son concours au moment où il fallut appliquer au Ministère des Travaux Publics les prescriptions de la loi des finances du 13 juillet 1911 instituant le contrôle de l’exécution du budget. Tant pour s’assurer que les engagements de dépense étaient maintenus dans  la  limite  des  crédits  ouverts  que  pour  veiller au bon emploi des crédits et éviter toute dépense inutile, il fut institué au Ministère des Travaux Publics, par décret du 7 mai 1918, un  Comité de  Contrôle  composé de deux inspecteurs généraux des Ponts et Chaussées et d’un inspecteur des finances.

Il prend une part  active  aux  travaux du Conseil général des Ponts et Chaussées. Pour ne citer que quelques-unes des questions d’ordre général soumises à l’examen des Commissions qu’il a présidées avec tant d’éclat, ne seront rappelées que : proposition de loi sur les travaux de grande voirie nationale, application de la  loi  de 1924 sur les pensions, proposition de loi sur la réorganisation de l’administration de l’Algérie, affaires de  toute  nature  intéressant le personnel, refonte des règlements sur les ponts métalliques et sur les halles de chemin de fer.

Très écouté par le Conseil, Marcel Bresse savait· présenter ses rapports et les défendre. Ses interventions étaient toujours sobres, précises et, dans la plupart des cas, concluantes. Il combattait impitoyablement toutes les propositions de dépenses dont la nécessité ne lui semblait pas incontestable et, dans chaque affaire, savait discerner les points importants ou délicats. Sans faire le moindre étalage de la culture profonde dont s’embellissait sa claire intelligence, il réussissait à résoudre de sérieuses difficultés grâce à l’ingéniosité de solutions équitables, immédiatement acceptées par tous.

Au moment où, en 1927, arriva pour lui l’âge de la retraite, la nomination au grade de commandeur de la  Légion  d’honneur  vint récompenser une longue et brillante carrière.

A Fontainebleau, où il s’était retiré, son cœur et son esprit intacts comme ses forces jusqu’au dernier jour, s’employaient à de nombreuses œuvres charitables, patriotiques ou religieuses. Ses convictions catholiques, qui étaient aussi simples qu’éclairées ont fait apparaître autour de lui que la  foi la plus humble est le fait des intelligences les plus ouvertes et que les croyances sont vaines si elles ne se traduisent par des actes.

Le 25 juillet 1934, il s’éteignit avec une calme sérénité au milieu des siens qu’il avait tant aimés.

Descendance de Charles François Marcel BRESSE

Charles François Marcel BRESSE et Gabrielle BELLOM ont eu 5 enfants :
–        Suzanne (1889-1961) qui a épousé le Général MARS Ils ont eu 10 enfants
–        Pierre (1891-1990) qui a épousé Geneviève BRIERE (décédée en 1941) sans enfants
–        Madeleine (1892-1943) religieuse Saint Vincent de Paul
–        Germaine (1895- ), religieuse de l’assomption
–        Jacques (1898- ) qui a épousé Nicole Girault et qui ont eu 2 enfants : Jean Pierre (1941- ) et François (1945- )

Ceux dont j’ai le souvenir.

J’ai bien connu le Général Pierre BRESSE, petit-fils de Jacques Antoine Charles.

Il a fait l’école Polytechnique. Il a fait sa carrière dans l’artillerie. Il a participé aux 2 guerres et en particulier à la guerre de 40, où il a dirigé des opérations contre l’Italie.

Il est venu à Vienne et une année à Arêches, dans les années 60. Je l’ai rencontré à Paris lorsque je suis venu passer les concours. Il avait un appartement près de Montparnasse. Il a terminé sa vie à la Maison de retraite de la Légion d’Honneur.

Il s’est beaucoup occupé de sa sœur, Suzanne qui a perdu son mari, le Général MARS, en 1936, après avoir eu 10 enfants.

Jacques BRESSE et ses 2 enfants, Jean Pierre (1941- ) et François (1945- ) sont venus une fois à Vienne. Ils étaient de notre génération. Nous n’avons plus eu de relations plus tard.

L’histoire de la propriété BRESSE de Saint Marcel à Vienne

Cette propriété est située derrière le Mont Pipet, où il y a la chapelle dédiée à Notre Dame de la Salette, sur la colline de Sainte Blandine. Pour y accéder, venant du centre de Vienne, on prend la route de Beaurepaire, la montée Saint Marcel. On arrive sur un replat et on atteint l’Octroi de la ville de Vienne. Cet octroi, n’existe plus en tant que tel, mais à partir de là, il y a une rue qui s’appelle le Chemin de l’Octroi. Ce chemin devait servir du temps des Romains, car il y a une ancienne voie romaine qui y passe, en partie enfouie où l’on voit encore les roues des chars romains qui ont creusé les pierres de la voie.

Voici le plan de la situation de cette propriété

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On peut aussi accéder à l’octroi, en passant par la rue Pipet qui est plus rapide pour accéder par exemple au Collège Ponsard.

Derrière, il y a un plateau, avec une voie de circulation, le Chemin des Maladières, qui mène au hameau de Saint Benoit. Il y avait sans doute avant une léproserie dans ce quartier.

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La propriété est située entre ce chemin de l’Octroi et le chemin des Maladières.

La famille BRESSE possédait aussi un domaine à Jardin, commune située pas très loin de Vienne, avec une ferme et environ 20 hectares de terrain.

Dans la famille, personne ne connaissait bien l’histoire de la propriété de Saint Marcel. C’est mon père qui a interviewé sa mère, Emma Bertini, le 11 Novembre 1946.

Comme dit dans l’article précédent, c’est Innocent François Candide qui a acheté cette propriété. Son fils, Gustave BRESSE, mon arrière-grand père en a hérité. A l’époque, il n’y avait qu’une ferme et petit pavillon de 2 pièces situé à l’emplacement de la maison bourgeoise actuelle.

La propriété en terrain était plus réduite que par la suite où elle a atteint la surface totale d’environ 4 hectares. Il avait acquis en plus, ce que l’on appelait le jardin d’en bas, situé entre le chemin de l’Octroi et la départementale N°538 qui prenait la suite de la montée Saint Marcel et qui allait à Beaurepaire.

Gustave BRESSE a vraiment fait construire la maison dans son pourtour actuel. C’est-à-dire le rez-de-chaussée avec une grande cuisine taillée en partie dans la roche, et avec une grande verrière, assez haute de plafond, une entrée en forme de hall, un salon avec des ouvertures donnant sur la rue en étage, une salle à manger taillée en partie dans la roche ainsi qu’une alcôve, un bureau donnant sur la rue, une chambre qui servait de lingerie. Au 1er étage, il y avait des chambres, au 2 ème étage, un grenier et une magnanerie. Il s’agissait d’un local, muni d’un système de chauffage, où se pratique l’élevage du vers à soie. Mon arrière-arrière-grand-père, Innocent François Candide avait aussi une magnanerie à Artas.

Du temps de mon grand-père, Francis BRESSE, la propriété s’est agrandie : il a acquis des terrains qui étaient sur le plateau au-dessus de la propriété des Lesueur, industriels de Vienne.

C’est surtout du temps de mon grand-père que la maison s’est agrandie pour atteindre sa situation actuelle.

Vers 1894, au moment de la naissance de mon père, le 2 ème étage a été surélevé, et on a créé le 3 ème étage avec des petits clochetons. On a créé des chambres au 2 ème étage.

Vers 1908, il y a eu l’aménagement du rez-de-chaussée actuel, du 2 ème dont une partie était restée en grenier et des chambres au 3 ème.

Vers 1924, création de la salle du billard au 1 er étage, création d’une montée d’escalier du 1 er au 2 ème par la salle du billard. Le 1er étage avait un accès par l’extérieur et même un accès par le chemin de l’Octroi, indépendant.

C’est cette partie qui a été ensuite coupée en deux, lors de la succession de mon grand-père en 1945. Cela faisait 2 logements indépendants.

C’est mon grand-père qui a amené toutes les commodités, comme le chauffage central, dont la chaudière était située au rez-de-chaussée, une cuisine toute équipée avec des lumières qui s’allumaient pour les domestiques si quelqu’un appelait depuis une chambre. Il y avait une buanderie au niveau du logement à l’étage. Il y avait un grand garage, donnant sur le chemin de l’Octroi. Il y avait dans ce garage, un pressoir et une cuve pour faire le vin. Il y avait un cellier avec des tonneaux pour stocker le vin. Il y avait aussi des endroits de stockage du charbon et du bois, pour la cuisine et la chaudière. L’entrée principale par le chemin de l’Octroi était faite avec un décor en ciment, en forme de grotte, typique des années 1900, avec une véritable amphore romaine.

Mon arrière-grand-père et mon grand-père avaient réalisé tout l’aménagement extérieur du jardin d’agrément : la grande allée située devant la maison, avec une terrasse extérieure, des balustrades typiques de l’époque. Il y avait un immense érable sycomore qui faisait beaucoup d’ombre, pour pouvoir manger dessous.

Partout dans le jardin, il y avait des lieux privilégiés, avec un terrain pour jouer à la boule lyonnaise, des abris décoratifs, avec une armature en fer. Il y a eu aussi des plantations d’arbres, comme les platanes dans l’allée principale, des pins et des sapins, et même un sequoia.

L’alimentation en eau

Comme toutes les propriétés de l’époque, il n’y avait pas l’eau de ville apportée par la commune. Elle n’est arrivée que dans les années 1950. La propriété était alimentée par des puits situés sur la propriété et surtout par une source privative qui était située vers Jardin. Il y avait une canalisation qui amenait cette eau jusqu’à la propriété. Elle suivait la route départementale, puis passait en dessous pour alimenter la maison et allait, car il y avait du débit et de la pression jusqu’à un bassin qui avait été creusé sur le plateau, comme trop-plein. Ce bassin avait à peu près 15 mètres de diamètre et une profondeur de 2 m, au plus profond. Il a beaucoup servi pour l’arrosage des cultures et du jardin. Ce bassin a aussi servi de piscine, l’été. Quand, il y a eu l’eau de ville, il y avait un système qui permettait de basculer d’une eau à l’autre.

Quelles étaient les cultures ?

Il y avait une ferme sur la propriété avec une famille de paysans. Du temps de mes grands-parents, la propriété était pour l’essentiel de la vigne. C’est pour cela que le garage était équipé pour le vin.

Du temps de mon père, qui a repris la propriété vers 1950, il a arraché une bonne partie de la vigne qui ne représentait plus qu’un hectare. Il a planté aussi des raisins pour manger, comme les « dattiers de Saint Vallier » qui pouvaient se conserver jusqu’à Noël.

Mon père a ensuite planté que des arbres fruitiers, comme des cerisiers, pêchers, abricotiers, des poiriers, des pommiers.

Lorsqu’il s’est trouvé en retraite, mon père a repris entièrement la propriété et s’est lancé dans l’arboriculture. Toutes les cultures étaient essentiellement sur le plateau. En plus des pêchers, abricotiers, il a planté beaucoup de poiriers (claps, guyot, louise-bonne, williams). Les poires Williams étaient la spécialité de Vienne et sa région. Il avait beaucoup de producteurs. On produisait même de la liqueur, la Williamine. Chaque année, la récolte de la poire williams était importante, de l’ordre d’une tonne et était vendue à un grossiste.

Dans les années 60, mon père a fait la plantation de variétés de pommes américaines, en espalier. De toutes ces variétés, certaines sont encore connues, Golden Delicious, Red, Richared, Winter Banana, puis d’autres.

Qu’est devenue la propriété au décès de mon grand-père, Francis BRESSE ?

Mon grand-père est décédé le 9 octobre 1941, à Vienne, à l’âge de 80 ans.

Mon grand-père, était avoué à Vienne et conseiller général pour le Département de l’Isère jusqu’à la fin de sa vie.

On était alors en pleine guerre de 40-45.

A cette époque, mon grand-père avait 4 enfants vivants :
–        ma tante Françoise, née en 1887, qui avait perdu son mari, Paul Sautreaux, médecin, décédé en 1928. A cette époque elle avait 4 enfants vivants : Renée née en 1913 qui était religieuse, Paulette née en 1916, mariée, François, né en 1920, Claude, né en 1924
–        ma tante Madeleine, née en 1889, mariée avec Pierre Gardon, sans enfant
–        mon oncle Paul, né en 1891, architecte, célibataire à ce moment là
–        mon père, Jean, né en 1894, marié en 1928 à Madeleine Sève qui est décédée au Maroc, en Février 1943. Mon père s’est remarié avec ma mère, Suzanne Henry en 1944. Mon père avait 5 enfants avec moi qui suit né à Vienne le 20 Septembre 1945.

Compte-tenu de la guerre, il était trop difficile de faire la succession. Pendant la guerre, ma grand-mère vivait dans la maison, avec ma tante Françoise, qui avait encore 2 fils à charge.

Mon père est rentré du Maroc en 1945, et s’est occupé à ce moment-là de la succession.

Le notaire chargé de la succession était le notaire de la famille, Maitre Pierre Frécon. Il fallait faire 4 lots d’une valeur à peu près égale. Il y avait aussi un géomètre et un expert, Mr Barathon.

Le notaire avait défini 4 lots :
–        le premier lot : le rez-de-chaussée et une partie du  1 er étage de la maison bourgeoise, pour 552 000 francs
–        le deuxième lot : une partie du premier étage, le deuxième et le troisième pour 471 000 francs
–        le troisième lot : une partie des terrains avec la ferme, occupée par Mr Ailloud, pour 410 000 francs
–        le quatrième lot : le domaine de Jardin pour 400 000 francs

Les bénéficiaires étaient d’accord pour que Mme Emma, veuve BRESSE, soit usufruitière de la maison pour son usage personnel.

Le tirage au sort a été effectué le 2 Novembre 1945. Le résultat a été le suivant :
–        le premier lot est attribué à ma tante Madeleine,
–         le deuxième lot est attribué à ma tante Françoise
–         le troisième lot est attribué à mon père
–         le quatrième lot est attribué à mon oncle Paul

L’acte de succession stipulait qu’il y aurait un règlement de copropriété définissant quelles étaient les choses communes entre les lots 1, 2 et 3, comme la maison bourgeoise, les chemins d’accès, la buanderie, les règles à respecter, en particulier d’avoir l’accord des autres propriétaires pour faire des modifications extérieures, et ensuite les charges communes.

Avec le 1er et le 2 ème lots, il y avait aussi les terrains afférents, comme les jardins d’agrément. Ma tante Françoise est devenue ainsi propriétaire des terrains situés sur le plateau, au-delà du bassin qui était en copropriété.

Mon père est devenu propriétaire de la ferme Ailloud avec tous les terrains afférents, où était situé les vignes et également le « jardin d’en bas ».

Après le décès de ma grand-mère, en 1950, ma tante Françoise a loué le logement à Mr et Mme Gautier, retraités avec un fils, ex-directeur de la Caisse d’Epargne de Vienne.

Comment mon père a pu devenir le seul occupant avec sa famille de 5 enfants de la maison bourgeoise (lot N°1) ?

Le lot N° 1 correspondait au rez-de-chaussée et une partie du 1 er étage de la maison bourgeoise qui était la propriété de ma tante Madeleine. Elle a accepté de la louer à mon père, en gardant l’usage de 2 pièces, dont l’une correspondait à la chambre à coucher de mes grands-parents.

Ma tante Madeleine, qui n’avait pas d’enfants, n’a jamais voulu dire à qui elle lèguerait son lot.

A son décès, en 1981, on a appris qu’elle l’avait légué à mes deux cousines germaines, filles de ma tante Françoise, Renée, religieuse, carmélite, et Léonie Marie Paule (dite Paulette) mariée à Pierre Rochas. Comme elles n’en n’avait pas l’usage, elles le mirent en vente au gendre de mon cousin germain, François Sautreaux, Jean Michel Gobba, mari de Martine Sautreaux, fille de François Sautreaux qui était déjà propriétaire du lot n° 2, au décès de ma tante Françoise.

Mon père louait aussi les terrains qui étaient sur le plateau qui appartenait à ma tante Françoise, puis après son décès à son fils Claude, mon cousin germain. Celui-ci a voulu vendre les terrains du plateau. Sur ce terrain a été construit une maison.

Mon père, a voulu de son vivant faire une donation partage des terrains à ses 5 enfants qui a l’avantage de frais de succession réduits. Finalement, ce fut trop compliqué et il a vendu des terrains qui étaient accessibles par le chemin des Maladières, pour en faire un lotissement, avec un chemin d’accès qui s’appelle, le Parc de l’Octroi.

A son décès, en 1982, il ne restait propriétaire que de terrains enclavés, soit autour du bassin, pour des raisons de sécurité, soit du coté de l’accès chemin de l’Octroi, près du puits. La vente de ces terrains ne s’est faite qu’en 2017, à l’occasion de la vente du lot N° 2 qui appartenait, en copropriété aux 5 filles de mon cousin François, à Vincent Gobba, le fils de Jean Michel Gobba pour faire construire des maisons.

Quelques photos de l’extérieur de la maison de Saint Marcel.

(Photo JF BRESSE)

La maison avec une partie de la propriété, correspondant au jardin d’agrément, en 1961

On aperçoit en premier plan, le « jardin d’en bas » qui avait été loué, pour la partie droite à un pépiniériste et marchand de fleurs de Vienne, Mr De Clippler, et vendu pour la partie gauche, à un jeune ingénieur, chez Elf à Feyzin, Mr Gelin qui s’est trouvé être un cousin issu de germain de mon beau-père, René Gelin. On voit sa maison qui est en construction. On aperçoit le chemin de l’Octroi.

(Photo JF BRESSE)

On aperçoit la maison prise d’un peu plus loin, à la même époque, avec la route départementale N°538.

(Photo JF BRESSE)

Une autre vue qui montre la partie jardin d’agrément du lot N°2

(Photo JF BRESSE)

Une vue de la toiture depuis le plateau où est situé le bassin

(Photo Paul BRESSE)

Une vue de la terrasse vers 1914, avec à droite, ma tante Françoise, derrière, ma tante Madeleine, et dans les bras de ma grand-mère, Emma, la fille Renée de ma tante Françoise

(Photo Paul BRESSE)

Une vue du jardin d’agrément, coté du lot N°2, en 1910

(Photo JF BRESSE)

Vue de la maison avec ses 3 étages vers 1958

(ma sœur Marie-Françoise et moi)

(Photo JF BRESSE)

Vue la grande allée avec l’érable sycomore (à droite)

(Photo JF BRESSE)

Vue la grande allée avec l’érable sycomore (à gauche)

(Photo JF BRESSE)

Vue du bassin qui servait de piscine

Le paysage vu de la maison par le peintre Hippolyte LETY 

Le mur du jardin d’en bas, avec au fond La Passardière

Le ruisseau de Saint Marcel avec La Passardière

Quel est le nombre de maisons actuellement sur le terrain de la propriété ?

Dans la situation actuelle, on peut compter 14 maisons en plus de la maison BRESSE.

De plus 4 maisons sont en construction, sur le terrain du lot 2 qui a été rachetée par Vincent Gobba.

Innocent François Candide BRESSE, mon arrière, arrière-grand-père (1791-1864)

Innocent François Candide BRESSE, mon arrière, arrière-grand-père, est le troisième fils, de Jean Marcel BRESSE. Pour la biographie de Jean Marcel BRESSE, voir l’article précédent.

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Jean Marcel était propriétaire au Revollet d’Artas. Il devint Officier municipal d’Artas, puis Maire de la commune, à partir de l’an III (1795) et Juge de Paix de Saint Jean de Bournay.

Jean Marcel a eu 9 enfants, 7 garçons et 2 filles :
–        Louis Antoine Alexandre, né le 27 Décembre 1787, propriétaire à Artas
–        Jean Baptiste Victor, né le 12 Mars 1789.  Il était notaire à Artas. Il est élu maire plusieurs fois à partir de 1831 jusqu’ à sa mort, le 5 Mai 1861.
–        Innocent François Candide, dont je descends, est né le 9 Mars 1791
–        Marie Antoinette Emilie, née à Artas, le 8 Août 1793
–        Jean Etienne, né le 25 Messidor an III (13 Juillet 1795).
–        Joseph Etienne, né le 8 Prairial an V ( 27 Mai 1797), propriétaire, à Artas
–        Benoit Marcel. Il est né le 7 Floréal an VIII (27 Avril 1800), propriétaire, à Artas
–        Sixte Hippolyte, né le 16 Germinal an XII (6 Avril 1804).
–        Jeanne Marie Unité, né 10 Novembre 1806.

Innocent François Candide est né le 9 Mars 1791, à Artas. Il est décédé le 7 Mars 1864, à Vienne, à presque 73 ans. Il a épousé Marguerite Louise PEROUSE, le 7 Septembre 1818. Il avait 27 ans et elle 17 ans.

Marguerite Louise PEROUSE est née à Saint Alban du Rhône, le 1er Juillet 1801. Son père, Jacques PEROUSE, était notaire royal au Parlement du Dauphiné. Sa mère était Jeanne Marie COURBON des GOUX de FAUBERT.

Innocent François Candide, négociant en laines, est venu s’installer à Vienne.
Marguerite Louise PEROUSE est décédée à Vienne, le 13 Janvier 1825, à 23 ans:
Ils n’eurent que 2 fils :

Jean Louis Gustave, en 1819, mon arrière-grand-père,
Jacques Antoine Charles, en 1822. C’est lui qui a son nom sur la Tour Eiffel et vous pouvez consulter sa biographie, avec des éléments nouveaux, sur le premier article.

Innocent François Candide a bien réussi, puisque c’est lui qui a acheté et fait construire la maison bourgeoise du Chemin des Maladières, avec 4 ha de terres et des fermes. Cette propriété est restée dans la famille 4 générations.

Innocent François Candide, est né juste après la Révolution. C’est pour cela qu’on lui a donné des prénoms qui tranchent, avec la lignée précédente :

–  Innocent vient du latin qui « ne nuit pas ». Il correspond à souvent à des enfants Capricornes, puisque les saints Innocents sont fêtés le 28 décembre. Il y a eu aussi des Papes Innocent.

Candide vient du latin « candidus », d’un blanc brillant. Le prénom Candide a surtout été rendu célèbre avec le roman de Voltaire (1759), dont le héros démontre que « tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ». Le mot est passé dans la langue courante pour désigner un jeune homme un peu innocent. Candide fut un martyr à Rome. Il se fête le 3 octobre.

Du fait que Marguerite Louise PEROUSE est décédée le 13 Janvier 1825, à 23 ans, Innocent François Candide, confie son fils, Jacques Antoine Charles, âgé de 3 ans, à sa sœur, Jeanne Marie Unité, sans enfants, qui va lui servir de mère.

Pourquoi Innocent François Candide est-il venu s’implanter à Vienne et devenir négociant en laines ?

Toute la famille BRESSE, devenue pour la plupart propriétaire, puis notaire ou juge de paix, Innocent François Candide, est le premier de la famille à devenir négociant. Il vient s’implanter naturellement à Vienne, car à ce moment-là, Vienne était devenue la capitale du drap de laine qui sert à faire des vestes, pantalons, manteaux.

Au 18e siècle l’industrie drapière prend son essor à Vienne. La manufacture Charvet côtoie de nombreux ateliers familiaux. Avec l’arrivée de la machine à vapeur à partir de 1838, la ville se couvre d’une forêt de cheminées. Le drap cardé est un tissu bon marché fabriqué en mélangeant de la laine nouvelle et des chiffons effilochés. La laine a des propriétés intéressantes pour les uniformes militaires, très demandés dès l’époque de Napoléon. Elle peut absorber un tiers de son poids en eau sans être mouillée. L’eau passe de fibre en fibre jusqu’à la surface pour s’évaporer. La laine tient donc chaud, même humide.

La production textile, notamment les « draps de troupes », fait vivre une grande partie de la population viennoise au 19e siècle. Dans les années 1870, Vienne compte 26 000 habitants ; 15 000 d’entre eux travaillent dans les usines de la vallée de la Gère et à Estressin. Journée de travail de plus de 10 heures, poussière, vacarme des machines, alarmes annonçant les changements de faction… Vienne vit au rythme incessant des usines.

Pour devenir négociant en laines, il fallait mettre sur pied tout un réseau de fourniture de laines.

Entreprise commune entre les frères Innocent François Candide et Jean Baptiste Victor pour une magnanerie

D’autre part, Innocent François Candide a eu l’esprit d’entreprise, puisqu’il a financé avec son frère, Jean Baptiste Victor une magnanerie, implantée à Artas, faite de nombreux arbres à soie (mûriers), dont il reste 2 exemplaires à Artas. Cette entreprise a été créée vers 1826. Beaucoup de dépenses ont été engagées, mais il n’y avait pas beaucoup de recettes. En 1855, Innocent François Candide se plaint auprès de son frère Jean Baptiste Victor du fait qu’il a mis beaucoup d’argent mais que cela ne rapporte pas beaucoup.

Ci-joint le contenu de la lettre fourmi par Mr Pascal CHAUVIN.

Au cimetière d’Artas, on peut voir encore le caveau de la famille d’Innocent François Candide, avec une partie de ses descendants.

Les implantations de la famille BRESSE à Artas, leurs propriétés et leurs maisons

Nous avons vu que les BRESSE était d’abord des paysans, puis des fermiers, des propriétaires, des bourgeois, des notaires. Ils se sont beaucoup impliqués dans la vie de la commune après la révolution en devenant maires.

Les BRESSE se sont implantés dans les différents hameaux d’Artas : Le Revollet,  Ternésieu, Petite Forêt, Grande Forêt, Baroz.

La carte suivante date de 1869 où sont répertoriées les maisons BRESSE au hameau du Revollet et de Ternésieu.

(Cliquez sur document pour faire un zoom et faites un retour pour retrouver le texte).

Les limites de la commune d’Artas avec les communes environnantes ont été redéfinies au cours du temps.

Par exemple, le hameau du Revollet avait vécu de tous temps dans l’orbite d’Artas. A la constitution des communes, en 1790, Le Revollet fut rattaché à la commune de Beauvoir de Marc. Les communes ont en effet été définies en fonction des paroisses. Sous l’ancien régime, les religieux du prieuré d’Artas prélevaient la dîme sur la paroisse d’Artas et les chanoines du chapitre St Maurice de Vienne sur le Revollet qui faisait alors partie du mandement de Beauvoir de Marc. En 1687, le curé d’Artas, Antoine Gallien, qui devait toucher sur la dîme la portion congrue (voir article précédent), élevée à 300 livres ne trouvait pas son compte parce que le prieur d’Artas ne voulait payer que 200 livres. Il intenta alors un procès contre le chapitre de St Maurice. Il n’eut pas gain de cause. En 1866, le maire d’Artas, Mr Bonnard écrivit au préfet qu’il y avait une contradiction entre le fait de faire un mariage civil entre quelqu’un du Revollet, donc de Beauvoir de Marc et quelqu’un d’un autre hameau d’Artas et le contrat passé chez le notaire qui les considéraient tous d’Artas. En 1868, le maire et le conseil municipal se sont mobilisés ainsi que tous les habitants du Revollet pour demander le rattachement du hameau à Artas. L’annexion du hameau n’a été effective qu’en 1872, à la suite d’un décret de la République qui a fixé la limite de la commune, au Chemin du Gaz, comme indiqué sur la carte.

Les habitations des BRESSE au Revollet

La maison forte de Jean Marcel BRESSE

Thomas de Pélisson de Préville , noble, Ecuyer, Conseiller du Roy et son lieutenant particulier au baillage de Vienne possédait une maison forte avec un domaine au Revollet. Celui-ci l’a vendu à Jean Marcel BRESSE, en 1787, au moment de son mariage avec Marie-Antoinette CLERET. Il avait 26 ans.

Ci-joint une page de l’acte de vente notarié. (document fourni par Mr Pascal CHAUVIN)

Cette maison forte existe toujours. Elle apparait sur la photo suivante, en haut au milieu.

Elle est entourée d’autres maisons et le domaine a été morcelé. La maison forte a été restaurée mais les anciennes cheminées ont été conservées. C’est Mr Jars, traiteur, qui  la possède aujourd’hui.

Pour le domaine, Jean Marcel l’avait fait borner et on trouve encore actuellement des bornes en pierre aux initiales de Bresse Marcel (B.M)

La maison de Jean Baptiste Victor BRESSE, notaire, fils de Jean Marcel

Elle a été surélevée d’un étage. Les terrains afférents ont servi à mettre en place une magnanerie (plantation de muriers pour l’élevage des vers à soie), entreprise en commun avec son frère Innocent François Candide. Sur ces terrains qui appartiennent à Mr Pascal CHAUVIN, il reste encore 2 muriers.

 

Les sépultures de la famille BRESSE à Artas

Lors de notre passage à Artas, cet été nous avons pu faire le point des sépultures de la famille. Nous avons découvert 3 caveaux au cimetière et une chapelle funéraire située au hameau du Revollet. Mr Pascal CHAUVIN nous a fait part d’un quatrième caveau et nous a donné des informations concernant la chapelle funéraire.

Les tombes situées dans le cimetière sont celles de la famille descendante de Jean Marcel BRESSE (1759-1820), propriétaire au Revollet d’Artas. Il devint Officier municipal d’Artas, puis Maire de la commune, à partir de l’an III (1795) et Juge de Paix de Saint Jean de Bournay. Il s’est marié avec Marie CLERET, de Saint Georges d’Espéranche. Ils ont eu 9 enfants: 7 garçons et 2 filles. Nous n’avons pas retrouvé sa tombe. Peut-être est-elle au hameau du Revollet dans la chapelle funéraire.

Voici la généalogie de Jean Marcel BRESSE

(Cliquez sur document pour faire un zoom et faites un retour pour retrouver le texte).

Le 1er caveau est celui de la descendance de la famille de Louis Antoine Alexandre BRESSE

Les noms soulignés sont ceux qui sont dans les caveaux.

Louis Antoine Alexandre BRESSE (1787-1852) était le fils ainé de Jean Marcel. Il a épousé Marie Félicité GERBOLLET (1789-1851). Ils eurent 3 enfants :

Louis Marcel (1814-1880) : Il fut avoué à Vienne, à peu près en même temps que Louis Gustave (1819-1884), mon arrière-grand père.
Pierre Victor (1815-1984), docteur en médecine, sans postérité. Sa thèse de médecine existe dans les archives de la mairie.
– Mélanie-Eugénie (1819-1820) morte en bas âge.

Il y a également, Marie Unité BRESSE, (1806-1894), dernière fille de Jean Marcel BRESSE, veuve de Philippe ORJOLLET, médecin à Saint Jean de Bournay

Tous sont enterrés dans le même caveau. C’est une concession à perpétuité.

Jean Baptiste Victor BRESSE, 2ème fils de Jean Marcel. Il était notaire à Artas et a été maire d’Artas (1831-1861). Il s’est marié à Victorine CLERET en 1830. Ils eurent 3 enfants :
– Marie Victorine Anaisse (1831-1887) qui épouse un MOREL
– Louis Adolphe Victor (1833-1905), notaire à Artas, épouse Octavie PERRET
– Marie Victorine Augustine (1838-1869) qui épouse Christophe CHENEVAS qui a pris la suite de Louis Adolphe, comme notaire

Jean Baptiste Victor a fait construire une chapelle funéraire, située au Revollet.
Voici des noms relevés dans la petite chapelle:
Jean-Baptiste Victor BRESSE 5 mai 1861
Abbé Etienne COUPIGNY 9 mars 1896
Joseph SANDIER 31 oct. 1882 36 ans
 Auguste CLERET 17 juin 1885 80 ans
Robert SANDIER  14 juin 1930
Augustine COCHARD

Auguste Alexandre SANDIER était héritier légataire universel de M. Auguste CLERET par testament, en 1883.

Ce sont toujours des descendants de la famille SANDIER qui entretiennent cette chapelle.

A titre anecdotique, on trouve une note amusante sur un registre paroissial de Maubec, commune où résidait M. Auguste Cléret: « On peut dire sans calomnier que M. Cléret a été pendant 50 ans le persécuteur acharné de tous les curés. Sectaire, voltairien, son plaisir fut jusqu’à sa mort de tourner en ridicule la religion, de critiquer et calomnier tous les prêtres. M. Cléret, est mort le 17 juin 1885 et sa dépouille mortelle a été emportée sans passer par l’église de Maubec de son domicile jusqu’au Revollet d’Artas, au milieu d’une vigne où il attend la résurrection générale. »

Le 2 éme caveau est celui de la famille descendante d’Innocent François Candide BRESSE, mon arrière-arrière-grand-père. Il était le 3 ème fils de Jean Marcel. Il a épousé Marguerite Louise PEROUSE, décédée à Vienne à 23 ans. Ils eurent 2 fils :

Jean Louis Gustave, (1819-1884),  mon arrière-grand-père
– Jacques Antoine Charles, (1822-1883)

C’est Jean Louis Gustave qui a fait construire ce caveau. Il était avoué à Vienne, mais aussi Maire d’Artas (1871-1884)

Nous ne savons pas où est enterré Jacques Antoine Charles.

Les noms soulignés sont ceux qui sont dans le caveau.

Jean Louis Gustave qui a épousé Antoinette BRUNET (1830-1913). Ils eurent 5 enfants :

Louise (1855-1925) qui a épousé Louis LACOMBE (1846-1915)
– Isabelle Françoise Marguerite (1859-1900), religieuse à Montélimar
Louis François, dit Francis, mon grand-père
– Eugène (1861 ; mort-né)
– Marguerite Jeanne (1864), morte à 3 mois

Il y a également Marie Isabelle BRESSE, fille de mon grand-père Francis, qui est décédée en bas âge, en 1893. Elle était située entre mon oncle Paul et mon père.

Pour repérer ceux qui sont enterrés également dans le caveau, il faut se reporter à l’arbre généalogique, dont voici la partie qui correspond.

Marguerite CHABROL, née LACOMBE
François CHABROL
– Paul CHABROL, fils de François CHABROL
Charles LACOMBE
Isabelle GENIN née LACOMBE
Madeleine CHABROL, fille de François CHABROL

(Cliquez sur document pour faire un zoom et faites un retour pour retrouver le texte).

Ce caveau est bien entretenu, par les descendants, en particulier par mes cousins de la famille GINET qui sont encore propriétaires de la maison de Charles LACOMBE à Artas.

Le 3 ème caveau est celui de la famille descendante de Joseph Etienne BRESSE (1797-1866), 5 ème fils de Jean Marcel BRESSE (1759-1820)

Il s’agit d’Etienne Louis BRESSE (1844-1911) qui a épousé Marie JANIN (1850-1908). Ils ont eu 4 enfants :
Lucien Etienne (1870-1892), mort à 22 ans, enterré dans le caveau
– Jean Pierre (1873- ?) sans descendance
Marie Octavie (1879-1926) qui a épousé Jean Joseph DURAND (1875-1959) qui ont eu un fils Victor DURAND (1905-1928). Tous les 3 sont enterrés dans le caveau
– Adèle (1882- ?) qui a épousé un PIOLAT

Le 4 éme caveau est celui de Benoit Marcel BRESSE, 6 ème fils de Jean Marcel. Il est partagé avec le Capitaine BOIS, retraité, décédé en 1885.

Benoit Marcel BRESSE (1800-1876) était propriétaire au Revollet  d’Artas. Il a épousé Josephine VERDELLET. Ils eurent 6 enfants :

– Benoit Victor (1829-1832)
Marie Victorine Joséphine : elle a épousé le capitaine BOIS, né en 1824
– Emilie Unité (1835-1865) , marié 1 enfant, décédée à 30 ans
– Françoise Victorine Joséphine mariée, 1 fille
– Elisa (1844-1867) sans enfant
– Adèle Anaisse (1849-1865)

C’est doute Marie Victorine Joséphine qui a créé le caveau en commun avec le Capitaine BOIS

L’implication des BRESSE dans la vie de la commune d’Artas

D’après l’ouvrage : ARTAS : le village du Bas-Dauphiné, par Joseph MOREL et Pascal CHAUVIN, utilisant les archives de la commune, le nom de BRESSE apparait à de nombreuses reprises. Tous les exemples cités sont tirés de ce livre.

Les BRESSE ont d’abord été des paysans, puis des propriétaires, puis des bourgeois. Ils sont ensuite devenus pour certains, notaire royal, notaire, procureur à la Cour de Vienne. D’autres sont devenus membres du clergé, comme Curé ou Sacristain.

Ils ont été très impliqués dans la vie de la commune après la Révolution, car ils sont devenus Officier Municipal, puis Maire.

Ils ont fourni 4 générations de maires. En étant implanté à Vienne depuis Innocent François Candide (IFC), ils ont continué à s’intéresser à la vie de la commune, puisque par exemple, Jean Louis Gustave BRESSE, mon arrière-grand-père, avoué à Vienne est devenu Maire d’Artas. Le dernier fut Charles LACOMBE, fils de Louis LACOMBE et de Louise BRESSE, soeur de mon grand-père, Louis François dit Francis.

Comme l’indique cette généalogie, ce fut d’abord Jean Marcel BRESSE, puis, Jean Victor, puis Jean Louis Gustave et enfin Charles LACOMBE.

Il n’y a plus de BRESSE habitant la commune, mais il y a des descendants, en particulier du côté des LACOMBE, qui possèdent encore une maison à Artas. Il y a eu régulièrement des réunions familiales à Artas, du temps de Charles LACOMBE. J’ai le souvenir d’être allé tous les ans pour une réunion de famille, en Juillet à Artas.

Les BRESSE avant la Révolution

Collecte de la Dîme

Nous avons vu que la dîme était une contribution en nature sur le produit brut du sol destiné au clergé. Elle était fixée à l’origine au dixième, d’où son nom. L’église ne prélevait pas directement cet impôt. Elle confiait par contrat (bail à ferme) cette charge à des particuliers.

Les minutes de Maitre CUZEL, notaire, disent que le 7 Juillet 1757, Messire Nicolas BRESSE, fils d’André BRESSI, curé de Chèzeneuve, afferma à un habitant d’Artas la « dixme » des grains, vin, chanvre,et autres choses, la paille de 200 gerbes de seigle et la charge de payer la 24 ème partie aux pauvres.

Paiement de la Taille

Certains collecteurs indélicats omettaient de remettre leur recette à la communauté. Celle-ci devait la réclamer et cela pouvait durer 14 ans. Par  exemple, la taille versée par le Sieur André BRESSE, marchand, collectée en 1698 de 118 livres, 8 sols n’a été versée par le receveur, sous la requête d’un huissier, mandaté par André de Vignon, premier seigneur d’Artas qu’en 1712 !

Paiement de la capitation

Comme on l’a vu, la capitation reflète l’activité d’une communauté. André BRESSE, fermier, est celui qui paye la capitation la plus importante : 30 livres 10 sols. Un charron peut payer 20 livres, un laboureur 20 livres, un boulanger 16 livres, un hôtelier 20 livres, un voiturier 12 livres, un journalier entre 2 et 4 livres.

Les BRESSE pendant la Révolution

Formation de la Garde Nationale

Elle était composée de 6 officiers, d’un porte-drapeau, d’un adjudant, de 4 sous-officiers et de soldats. Le capitaine commandant était Joseph CLUZEL, notaire royal et le capitaine, Jean Vital BRESSE, Bourgeois. Jean Vital était le fils d’Etienne et le frère cadet de Jean Marcel.

C’est Jean Marcel BRESSE qui s’implique le plus dans la vie de la commune, puisqu’il semble que dès la première élection municipale, il fut élu officier municipal, puis Maire à partir du 16 Pluviose an III (4 Février 1795). Il fut renommé Maire, le 16 Pluviose an IX (4 Février 1801), puis maintenu le 31 Décembre 1807 et de nouveau le 15 Janvier 1815 jusqu’à son décès le 22 Décembre 1820. Il s’occupa donc de la vie municipale, en plus de son métier de fermier, pendant environ 30 ans.

Son nom apparaît, en tant qu’officier municipal, secrétaire, puis maire dans de nombreux Procès-verbaux et décisions du Conseil Municipal.

En tant qu’officier municipal :

– Emprunt pour l’équipement de la Garde Nationale, arrestation manquée d’un déserteur comme recrue pour la cavalerie, décision concernant la contrebande des grains, démission du Curé, organisation de la Fête de la Fédération (14 Juillet 1790), et celle du 10 Aout 1793, tirage au sort pour la levée d’une Garde nationale de 3200 hommes, en Isère, pour arrêter l’invasion des Piémontais sur le Département du Mont Blanc, réquisition d’un cheval, celui de Jean Marcel, pour équiper 30 000 hommes de troupes à cheval, décidée par la Convention, le 27 Juin 1793, réquisition des armes le 28 Avril 1794, installation de la Société Populaire.

En tant que Maire

Après l’arrivée au pouvoir de Bonaparte, le 18 Brumaire an VIII (9 Novembre 1799), le Conseil Municipal fêta dans la liesse cet anniversaire, le 9 Novembre 1801 et fit une déclaration qui fut envoyée à la Sous-Préfecture de Vienne.

Beaucoup d’autres décisions du Conseil Municipal ou Procès verbaux ont été effectués pendant l’Empire et la Restauration.

Jean Victor BRESSE (1789-1861)

Après avoir été officier municipal, il fut nommé Maire d’Artas, le 13 Décembre 1831. Il fut renommé le 21 Septembre 1843, maintenu le 10 Novembre 1847 et réélu le 26 Aout 1848. Renommé une nouvelle fois le 10 Juillet 1855, il est maintenu le 11 Aout 1860. Il est décédé le 5 Mai 1861. Il s’est donc occupé de la vie communale, en plus de son métier de notaire, pendant au moins 30 ans.

En tant que Maire, il a eu à gérer la dernière disette en 1847 qui atteignit durement les masses populaires. L’année 1846 se distingua par une mauvaise récolte de pommes de terre et de céréales (sécheresse printanière et pluies estivales abondantes). En 1847, la commune demanda de lever un impôt extraordinaire pour rétribuer les indigents occupés à l’entretien des routes.

Au moment de l’élection présidentielle de 1848 qui devait désigner le futur Président de la République, les 2 candidats étaient Louis Napoléon Bonaparte, et le Général Cavaignac, président du Conseil des Ministres. Le préfet de l’Isère adresse une lettre au Maire d’Artas, en lui disant :  » Ce n’est pas le Préfet qui vous écrit, c’est le citoyen. Avec Louis Bonaparte, on marche vers l’inconnu… Que pourrez-vous attendre de l’avenir quand vous aurez donné pour tuteur à la République l’homme qui n’a jamais rêvé que de l’Empire... »  Louis  Napoléon a été élu avec 75 % des voix. Cette lettre ne fut sans doute pas prise en compte par Jean Victor, car il a été félicité par le nouveau Préfet de l’Isère, le 7 Mars 1850, pour ses sentiments bonapartistes, ce qui a été traduit par un hommage, émis comme un voeu du Conseil Municipal. De même pour la restauration de l’Empire en 1852.

Jean Louis Gustave BRESSE (1819-1884), mon arrière-grand-père

Il était le fils d’Innocent François Candide. Il fut avoué à Vienne. Il devint Maire d’Artas le 18 Mai 1871, réélu le 8 Octobre 1876 et le 23 Janvier 1881.

Charles LACOMBE (1885-1965)

Il fut élu Maire, le 10 Décembre 1919, c’est à dire à 34 ans. Il fut réélu en 1925 et en 1929. Il resta Maire jusqu’en 1935, c’est à dire pendant 15 ans. Il a été aussi Conseiller Général au Département.

Il s’est occupé de l’installation de l’électricité, de l’amélioration de la voirie, pour assurer une meilleure circulation, en particulier pour les voitures. Il a créé un réfectoire à l’intérieur de l’école, pour que les enfants des hameaux puissent se préparer un repas chaud. Il a créé un cinéma scolaire. Il a fait construire un immeuble où se trouve située la Poste avec l’aide d’un emprunt et des subventions de l’Etat. Il a créé une succursale de la Caisse d’Epargne de Vienne. Il a fait étudier un projet d’adduction d’eau pour que tous les hameaux soient desservis.

Artas : les conséquences de la Révolution

Achat du Prieuré

Le 2 Novembre 1789, l’Assemblée Nationale, désireuse de pallier la crise financière, avait voté la mise à disposition de la nation des biens ecclésiastiques, alors estimés à 2 à 3 Millards. Pour mobiliser cette richesse, elle résolut de mettre en vente pour 400 Millions de ces biens.

La municipalité d’Artas fit ainsi l’acquisition du Prieuré et des biens qui en dépendaient (bois, terres, vergers…), pour les mettre en vente. Le prix était fixé par des experts, comme Maitre CUZEL, notaire à Artas. La commune paya les 3/4 du prix sous forme d’obligations. Le tout fut vendu à Jean Parent, le 1er Juin 1791, pour 1525 livres. L’Abbé de la Tour aurait souhaité rester, dans le Prieuré, moyennant un loyer, mais il n’avait pris soin des bâtiments depuis 1789, tout était dégradé. On lui demanda d’abord de payer les dégâts qu’il avait fait et des arriérés de loyer.

Prestation de serment du clergé

La Constitution civile du clergé est un décret adopté en France par l’Assemblée Nationale Constituante le 12 juillet 1790.  Elle réorganise le clergé séculier français, et provoque la division de celui-ci en clergé constitutionnel et clergé réfractaire. D’après le Décret du 27 Novembre 1790, le clergé qui ne prêtait pas serment dans les huit jours était considéré comme réfractaire.

Jean Baptiste FONTANEL, curé d’Artas, et l’Abbé de la TOUR ont prêté serment le 27 Janvier 1791. Ils ont juré veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse, être fidèle à la nation, à la loi et à la Constitution.

 Réquisition des cloches et des objets de culte

Les 23 et 24 Juillet 1793, la Convention Nationale décrétait qu’une seule cloche serait laissée dans chaque paroisse. Le 25 Novembre, deux cloches du clocher sont descendues pour être transformées en canons. Elles pesaient 735 livres, poids de Vienne.

Le 26 Décembre 1793, les objets de culte (calices, ciboires) en argent ont été réquisitionnés.  De même, le 8 Février 1794, pour les objets en cuivre (chandeliers, croix..). Le 23 Mars 1794, furent réquisitionné les linges, comme les 17 nappes d’autel, 7 aubes, 4 surplis. Le linge servit pour le soin des blessés dans les hôpitaux.

 Démission du curé et transformation de l’église en Temple de la Raison

Un décret du 2 Frimaire an II (22 Novembre 1793), accordait un secours annuel aux curés qui abdiquaient de leur état et fonctions de prêtrise. Ce secours annuel était de 1200 livres pour les prêtres âgés de 70 ans et plus.

Le curé d’Artas, Jean Baptiste FONTANEL, âgé de 72 ans, d’une santé faible et dur d’oreille, déclara qu’il ne voulait plus continuer son ministère , démissionna de sa fonction.

L’Eglise a alors été transformée en Temple de la Raison où avaient lieu les séances de la Société Populaire. Cette société « Montagnarde » fut installé sur la pétition des Messieurs GOUNON, maire et du citoyen (ex-curé) FONTANEL.

Le 26 Juin 1792, l’Assemblée Législative décréta que dans toutes les communes, serait élevé un autel à la Patrie sur lequel serait gravé la Déclaration des Droits : « Le citoyen naît, vit et meurt pour la Patrie ». Le 18 Floréal an II (7 Mai 1794), un décret de la Convention institua le culte de l’Etre Suprême. Le calendrier républicain avait supprimé le dimanche, les semaines avaient 10 jours. Le dixième jour, le décadi, était célébré une fête à l’Etre Suprême, au genre humain, au peuple français, à la pudeur, à l’amitié, à la bonne foi, à l’âge viril….

La révolte des femmes

Le 3 Janvier 1795, soit 1 an après la démission du curé, et après la transformation de l’Eglise en Temple de la Raison, un attroupement d’une douzaine de femmes, très déterminées, s’est rendu chez le maire, alors que les rassemblements de femmes étaient interdits. Elles ont demandé, avec menaces au maire les clefs du Temple. Il leur a répondu qu’il n’avait point de clefs à leur remettre. Le lendemain, elles ont enfoncées la porte d’entrée du Temple. Elles ont brisées la statue de la Déesse Raison ou Déesse de la Liberté, ont enfoncé la porte du clocher et ont sonné les cloches plusieurs fois.

Le lendemain, elles sont arrivées en grand nombre dans la salle où étaient réunis les officiers municipaux et le maire et ont demandé la clef de la sacristie. Les officiers leur ont demandé ce qu’elles voulaient en faire. Elles ont répondu qu’elles voulaient avoir leurs Saints pour prier Dieu. Il leur a été répondu que personne ne pouvait leur empêcher de prier Dieu, et de se retirer tranquillement. Elles sont alors allées au galetas (grenier), ont brisé la porte et ont pris plusieurs statues de Saints et ont fait sonner le tocsin.