Lorsque mon père a décidé d’écrire ses mémoires, il avait 81 ans, mais il y pensait depuis pas mal de temps.
Il a fait partie des associations des anciens combattants des régiments 99 ème d’infanterie et 299 ème basés à Vienne. Il a eu beaucoup de décorations, comme la Croix de Guerre, la médaille de Verdun.
Il avait quand même une très bonne mémoire et quand je suis allé avec lui, en 1964 et 1965, il se rappelait les endroits où il avait fait la guerre.
Nous sommes allés en particulier sur la tombe de son frère Henri, au Mont Saint Eloi.
Il s’est aussi appuyé sur des documents qui ont été conservés, en particulier toute la correspondance qu’il a eu avec sa mère, Emma, son père Francis, ses frères et sœurs, Paul, Françoise, Madeleine.
Je possède toujours cette correspondance qu’il avait classé par année, par lieu et tout ce qui se passait pendant la guerre. Il écrivait souvent pendant les périodes de repos.
Ses lettres montrent qu’à l’âge de 20 ans, il était déjà très responsable et il avait le souci de la famille.
Il signe toujours ses lettres par la mention « Ton fils (ou ton frère) qui t’aime »
Il décrivait aussi comment se passait la vie dans les tranchées et aussi l’ambiance. En particulier, il a fait connaissance avec un greffier de Grenoble mobilisé qui est devenu lieutenant dans un régiment de hussards qui sont aussi dans les tranchées, mais qui ne « font pas les corvées, ni ne touchent ni la pelle ni à la pioche, de peur de salir leur belle tenue. Et nous pauvres pioupious, il nous faut nettoyer les boyaux plein d’eau, faire des boyaux pour circuler d’une tranchée à l’autre et comment se coucher dans des tranchées remplies d’eau. Aussi, si tu nous voyais, nos capotes ne sont plus bleues, nos pantalons plus rouges, mais de la tête au pied, une épaisse couche de terre jaune nous recouvre .…»
Il dit aussi : « J’espère que la guerre approche de sa fin et que nous serons bientôt tous réunis à Saint Marcel… »
Il s’est aidé aussi de nombreux ouvrages sur la guerre de 14-18, comme les livres de Louis Madelin qui a suivi un peu le même parcours que mon père : infanterie, Verdun, renseignements, démobilisé en 1919 avec le grade de lieutenant et la croix de guerre.
En 2014, les Mémoires de guerre de mon père ont été numérisées et sont disponibles sur le site d’Europeana qui est un site d’archives du patrimoine au niveau Européen : https://www.europeana.eu/fr/item/2020601/https___1914_1918_europeana_eu_contributions_9573
Elles sont aussi disponibles pour télécharger à : https://drive.google.com/drive/u/0/folders/1kFf_z3i2tFMgANsF0QJuVR6wtSLkGzqU
L’association des Amis de Vienne a été crée en 1904, à l’initiative de mon grand-père Francis BRESSE, père de Jean BRESSE pour préserver le patrimoine local de Vienne, répandre la connaissance de l’histoire de la ville et des antiquités viennoises.
Cette association émet un bulletin trimestriel où plusieurs articles ont été publiés sur mon père et ses mémoires de guerre.
En particulier, c’est Jean-Claude FINAND, qui a rédigé plusieurs articles que l’on peut télécharger :
Carnet de guerre de Jean BRESSE officier du 299e RI
Il est aussi mentionné sur le site de l’amicale des régiments d’infanterie du 99 ème et 299 ème régiment d’infanterie : https://www.99et299ri.fr/
Ses mémoires ont été classées en 3 parties :
- 1 ère Partie : Au 99 ème Régiment d’Infanterie de Septembre 1914 au 1 er Mai 1916
- 2 ème Partie : Au 299 ème Régiment d’Infanterie de Mai 1916 au 27 Mai 1918
- 3 ème Partie : La guerre de mouvement du 27 Mai 1918 au 11 Novembre 1918
Chaque partie comporte plusieurs chapitres.
J’ai les originaux de toutes les pages des Mémoires.
Chaque page a été revue et corrigée, mais au fur et à mesure que l’on avance vers la fin, il y a de moins en moins de corrections.
Pour faciliter le travail de la personne qui a dactylographié le texte, il a écrit dans l’ordre tous les noms propre, en majuscule.
Il a fait également des topos graphiques faits à la main, comme celui sur la Somme, en dessinant la positions du front avec les tranchées.
Résumé de ses mémoires faite par l’Intelligence Artificielle (IA)
J’ai utilisé l’IA pour avoir un résumé de ses mémoires : https://www.europeana.eu/fr/item/2020601/https___1914_1918_europeana_eu_contributions_9573
Le document est un récit autobiographique de Jean Bresse, un soldat français de la classe 1914, qui partage ses souvenirs de la Première Guerre mondiale (1914-1918). Il retrace son parcours depuis son enfance jusqu’à son engagement militaire et ses expériences sur le front.
Résumé :
Jean Bresse, né en 1894 près de Vienne, raconte son enfance et son choix de carrière militaire influencé par des événements historiques et des figures militaires de sa famille. En 1912, il entre au Prytanée militaire de La Flèche pour préparer Saint-Cyr, mais la mobilisation de 1914 interrompt ses études. Il est appelé sous les drapeaux en septembre 1914 et participe à la Grande Guerre pendant quatre ans.
1914-1915 : Début de la guerre
- Jean est affecté au 99e Régiment d’Infanterie (R.I.) comme soldat de 2e classe, puis caporal.
- Il participe à des opérations défensives et offensives, notamment à Verdun et en Champagne.
- Il décrit les conditions difficiles dans les tranchées, les combats violents, les trêves temporaires avec les Allemands, et les pertes humaines.
1916-1917 : Verdun et Lorraine
- Après un stage à Saint-Cyr, il est nommé aspirant et affecté au 299e R.I.
- Il participe à la bataille de Verdun, où il décrit l’enfer des bombardements incessants et les combats acharnés.
- En 1917, il est nommé officier de renseignements, chargé de collecter des informations sur l’ennemi. Il travaille à repérer les positions ennemies, notamment les mitrailleuses et les mortiers.
1918 : Guerre de mouvement
- La guerre de tranchées prend fin en mai 1918. Jean participe à la bataille du Chemin des Dames et à l’offensive française sur le Matz.
- Il décrit les tactiques allemandes, les contre-attaques françaises, et les conditions difficiles des combats.
- Le 11 novembre 1918, l’armistice est signé, mettant fin à la guerre. Jean et ses camarades célèbrent la fin des hostilités.
Après-guerre
- Le 299e R.I. est envoyé en Alsace pour monter la garde sur les bords du Rhin. Jean participe à des cérémonies militaires et à la transformation de la division en armée polonaise.
- En 1919, il décide de passer un concours spécial pour intégrer Saint-Cyr, qu’il réussit. Il rejoint la promotion des « Croix de Guerre » en octobre 1919.
Le document est un témoignage poignant des sacrifices, des horreurs de la guerre, et de la résilience des soldats français pendant la Première Guerre mondiale
Jean-François BRESSE, fils de Jean Louis BRESSE


















