Les implantations de la famille BRESSE à Artas, leurs propriétés et leurs maisons

Nous avons vu que les BRESSE était d’abord des paysans, puis des fermiers, des propriétaires, des bourgeois, des notaires. Ils se sont beaucoup impliqués dans la vie de la commune après la révolution en devenant maires.

Les BRESSE se sont implantés dans les différents hameaux d’Artas : Le Revollet,  Ternésieu, Petite Forêt, Grande Forêt, Baroz.

La carte suivante date de 1869 où sont répertoriées les maisons BRESSE au hameau du Revollet et de Ternésieu.

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Les limites de la commune d’Artas avec les communes environnantes ont été redéfinies au cours du temps.

Par exemple, le hameau du Revollet avait vécu de tous temps dans l’orbite d’Artas. A la constitution des communes, en 1790, Le Revollet fut rattaché à la commune de Beauvoir de Marc. Les communes ont en effet été définies en fonction des paroisses. Sous l’ancien régime, les religieux du prieuré d’Artas prélevaient la dîme sur la paroisse d’Artas et les chanoines du chapitre St Maurice de Vienne sur le Revollet qui faisait alors partie du mandement de Beauvoir de Marc. En 1687, le curé d’Artas, Antoine Gallien, qui devait toucher sur la dîme la portion congrue (voir article précédent), élevée à 300 livres ne trouvait pas son compte parce que le prieur d’Artas ne voulait payer que 200 livres. Il intenta alors un procès contre le chapitre de St Maurice. Il n’eut pas gain de cause. En 1866, le maire d’Artas, Mr Bonnard écrivit au préfet qu’il y avait une contradiction entre le fait de faire un mariage civil entre quelqu’un du Revollet, donc de Beauvoir de Marc et quelqu’un d’un autre hameau d’Artas et le contrat passé chez le notaire qui les considéraient tous d’Artas. En 1868, le maire et le conseil municipal se sont mobilisés ainsi que tous les habitants du Revollet pour demander le rattachement du hameau à Artas. L’annexion du hameau n’a été effective qu’en 1872, à la suite d’un décret de la République qui a fixé la limite de la commune, au Chemin du Gaz, comme indiqué sur la carte.

Les habitations des BRESSE au Revollet

La maison forte de Jean Marcel BRESSE

Thomas de Pélisson de Préville , noble, Ecuyer, Conseiller du Roy et son lieutenant particulier au baillage de Vienne possédait une maison forte avec un domaine au Revollet. Celui-ci l’a vendu à Jean Marcel BRESSE, en 1787, au moment de son mariage avec Marie-Antoinette CLERET. Il avait 26 ans.

Ci-joint une page de l’acte de vente notarié. (document fourni par Mr Pascal CHAUVIN)

Cette maison forte existe toujours. Elle apparait sur la photo suivante, en haut au milieu.

Elle est entourée d’autres maisons et le domaine a été morcelé. La maison forte a été restaurée mais les anciennes cheminées ont été conservées. C’est Mr Jars, traiteur, qui  la possède aujourd’hui.

Pour le domaine, Jean Marcel l’avait fait borner et on trouve encore actuellement des bornes en pierre aux initiales de Bresse Marcel (B.M)

La maison de Jean Baptiste Victor BRESSE, notaire, fils de Jean Marcel

Elle a été surélevée d’un étage. Les terrains afférents ont servi à mettre en place une magnanerie (plantation de muriers pour l’élevage des vers à soie), entreprise en commun avec son frère Innocent François Candide. Sur ces terrains qui appartiennent à Mr Pascal CHAUVIN, il reste encore 2 muriers.

 

Les sépultures de la famille BRESSE à Artas

Lors de notre passage à Artas, cet été nous avons pu faire le point des sépultures de la famille. Nous avons découvert 3 caveaux au cimetière et une chapelle funéraire située au hameau du Revollet. Mr Pascal CHAUVIN nous a fait part d’un quatrième caveau et nous a donné des informations concernant la chapelle funéraire.

Les tombes situées dans le cimetière sont celles de la famille descendante de Jean Marcel BRESSE (1759-1820), propriétaire au Revollet d’Artas. Il devint Officier municipal d’Artas, puis Maire de la commune, à partir de l’an III (1795) et Juge de Paix de Saint Jean de Bournay. Il s’est marié avec Marie CLERET, de Saint Georges d’Espéranche. Ils ont eu 9 enfants: 7 garçons et 2 filles. Nous n’avons pas retrouvé sa tombe. Peut-être est-elle au hameau du Revollet dans la chapelle funéraire.

Voici la généalogie de Jean Marcel BRESSE

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Le 1er caveau est celui de la descendance de la famille de Louis Antoine Alexandre BRESSE

Les noms soulignés sont ceux qui sont dans les caveaux.

Louis Antoine Alexandre BRESSE (1787-1852) était le fils ainé de Jean Marcel. Il a épousé Marie Félicité GERBOLLET (1789-1851). Ils eurent 3 enfants :

- Louis Marcel (1814-1880) : Il fut avoué à Vienne, à peu près en même temps que Louis Gustave (1819-1884), mon arrière-grand père.
- Pierre Victor (1815-1984), docteur en médecine, sans postérité. Sa thèse de médecine existe dans les archives de la mairie.
- Mélanie-Eugénie (1819-1820) morte en bas âge.

Il y a également, Marie Unité BRESSE, (1806-1894), dernière fille de Jean Marcel BRESSE, veuve de Philippe ORJOLLET, médecin à Saint Jean de Bournay

Tous sont enterrés dans le même caveau. C’est une concession à perpétuité.

Jean Baptiste Victor BRESSE, 2ème fils de Jean Marcel. Il était notaire à Artas et a été maire d’Artas (1831-1861). Il s’est marié à Victorine CLERET en 1830. Ils eurent 3 enfants :
- Marie Victorine Anaisse (1831-1887) qui épouse un MOREL
- Louis Adolphe Victor (1833-1905), notaire à Artas, épouse Octavie PERRET
- Marie Victorine Augustine (1838-1869) qui épouse Christophe CHENEVAS qui a pris la suite de Louis Adolphe, comme notaire

Jean Baptiste Victor a fait construire une chapelle funéraire, située au Revollet.
Voici des noms relevés dans la petite chapelle:
- Jean-Baptiste Victor BRESSE 5 mai 1861
- Abbé Etienne COUPIGNY 9 mars 1896
- Joseph SANDIER 31 oct. 1882 36 ans
- Auguste CLERET 17 juin 1885 80 ans
- Robert SANDIER  14 juin 1930
- Augustine COCHARD

Auguste Alexandre SANDIER était héritier légataire universel de M. Auguste CLERET par testament, en 1883.

Ce sont toujours des descendants de la famille SANDIER qui entretiennent cette chapelle.

A titre anecdotique, on trouve une note amusante sur un registre paroissial de Maubec, commune où résidait M. Auguste Cléret:  »On peut dire sans calomnier que M. Cléret a été pendant 50 ans le persécuteur acharné de tous les curés. Sectaire, voltairien, son plaisir fut jusqu’à sa mort de tourner en ridicule la religion, de critiquer et calomnier tous les prêtres. M. Cléret, est mort le 17 juin 1885 et sa dépouille mortelle a été emportée sans passer par l’église de Maubec de son domicile jusqu’au Revollet d’Artas, au milieu d’une vigne où il attend la résurrection générale. »

Le 2 éme caveau est celui de la famille descendante d’Innocent François Candide BRESSE, mon arrière-arrière-grand-père. Il était le 3 ème fils de Jean Marcel. Il a épousé Marguerite Louise PEROUSE, décédée à Vienne à 23 ans. Ils eurent 2 fils :

- Jean Louis Gustave, (1819-1884),  mon arrière-grand-père
- Jacques Antoine Charles, (1822-1883)

C’est Jean Louis Gustave qui a fait construire ce caveau. Il était avoué à Vienne, mais aussi Maire d’Artas (1871-1884)

Nous ne savons pas où est enterré Jacques Antoine Charles.

Les noms soulignés sont ceux qui sont dans le caveau.

Jean Louis Gustave qui a épousé Antoinette BRUNET (1830-1913). Ils eurent 5 enfants :

- Louise (1855-1925) qui a épousé Louis LACOMBE (1846-1915)
- Isabelle Françoise Marguerite (1859-1900), religieuse à Montélimar
- Louis François, dit Francis, mon grand-père
- Eugène (1861 ; mort-né)
- Marguerite Jeanne (1864), morte à 3 mois

Il y a également Marie Isabelle BRESSE, fille de mon grand-père Francis, qui est décédée en bas âge, en 1893. Elle était située entre mon oncle Paul et mon père.

Pour repérer ceux qui sont enterrés également dans le caveau, il faut se reporter à l’arbre généalogique, dont voici la partie qui correspond.

- Marguerite CHABROL, née LACOMBE
- François CHABROL
- Paul CHABROL, fils de François CHABROL
- Charles LACOMBE
- Isabelle GENIN née LACOMBE
- Madeleine CHABROL, fille de François CHABROL

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Ce caveau est bien entretenu, par les descendants, en particulier par mes cousins de la famille GINET qui sont encore propriétaires de la maison de Charles LACOMBE à Artas.

Le 3 ème caveau est celui de la famille descendante de Joseph Etienne BRESSE (1797-1866), 5 ème fils de Jean Marcel BRESSE (1759-1820)

Il s’agit d’Etienne Louis BRESSE (1844-1911) qui a épousé Marie JANIN (1850-1908). Ils ont eu 4 enfants :
- Lucien Etienne (1870-1892), mort à 22 ans, enterré dans le caveau
- Jean Pierre (1873- ?) sans descendance
- Marie Octavie (1879-1926) qui a épousé Jean Joseph DURAND (1875-1959) qui ont eu un fils Victor DURAND (1905-1928). Tous les 3 sont enterrés dans le caveau
- Adèle (1882- ?) qui a épousé un PIOLAT

Le 4 éme caveau est celui de Benoit Marcel BRESSE, 6 ème fils de Jean Marcel. Il est partagé avec le Capitaine BOIS, retraité, décédé en 1885.

Benoit Marcel BRESSE (1800-1876) était propriétaire au Revollet  d’Artas. Il a épousé Josephine VERDELLET. Ils eurent 6 enfants :

- Benoit Victor (1829-1832)
- Marie Victorine Joséphine : elle a épousé le capitaine BOIS, né en 1824
- Emilie Unité (1835-1865) , marié 1 enfant, décédée à 30 ans
- Françoise Victorine Joséphine mariée, 1 fille
- Elisa (1844-1867) sans enfant
- Adèle Anaisse (1849-1865)

C’est doute Marie Victorine Joséphine qui a créé le caveau en commun avec le Capitaine BOIS

Artas : son origine, sa vocation économique, sa géographie, sa population, faits marquants

Origine du nom d’Artas ?

D’après les historiens Chorier et Pilot de Thorey,  cités par Gaspard et Piollat : « Artas serait l’un des plus anciens villages du canton de Saint Jean de Bournay et son nom lui viendrait du Dieu Mercure Artaïen, adoré déjà par les Allobroges comme protecteur des marchands à cause du trafic de leur blé dont se faisait le plus beau et le meilleur pain du monde. Il y a même autel dédié à ce Dieu sur le territoire d’Artas« 

En fait, il n’existe pas de pierre d’autel à Artas. Par contre, il a existé beaucoup de boulangers à Artas. Les boulangers invoquaient Mercure, comme leur patron. Artos, en grec veut dire pain. Cela peut venir aussi du latin : ars, artis, artium : art .

Joseph MOREL et Pascal CHAUVIN ne tranchent pas cette question.

Vocation économique d’Artas

Lieu de passages et de trafic depuis des temps très anciens, Artas a eu une vie très active avec de nombreux commerces et métiers. Une pépinière de boulangers a donné plus de 60 patrons et ouvriers répartis sur la région lyonnaise.

Aujourd’hui, pour un village de 1500 habitants, subsistent encore un boulanger-patissier, un boucher-charcutier,  une supérette avec vente de journaux et tabac, un traiteur, un bar-restaurant, un salon de coiffure mixte. Quelques entreprises sont installées: mécanique, garage, mais surtout des artisans du bâtiment (maçon, électricien). De plus la société « Carrière et Voirie«   avec centrale à béton, emploie une cinquantaine d’ouvriers locaux et régionaux. Le reste de la population active se répartit entre les exploitations agricoles  et les personnes qui se déplacent dans les communes voisines.

Situation géographique

Artas est situé à 5,5 kms au Nord de Saint Jean de Bournay, 13,5 kms au Sud-Ouest de Bourgoin. La commune a une superficie de 1400 ha. Elle occupe une partie du plateau entre Bourgoin et Saint Jean de Bournay. Elle est à la limite des « Terres Froides« .

Les Terres Froides forment une ligne de partage des eaux entre l’Isère au sud et le Rhône au nord et à l’ouest. On l’appelle aussi « pays des collines ». Les moraines des glaciers de l’époque quaternaire ont donné à cette partie au nord-ouest du département de l’Isère un pays de collines ondulées appelées Terres Froides et Terres Basses. Cette région du Bas-Dauphiné se distingue par un climat plus rigoureux l’hiver, venant du fait que la terre argileuse, imperméable, toujours imprégnée d’eau est lente à s’échauffer. Ailleurs, les sables morainiques donnent un sol plus sec.

Ce terroir est une entité culturelle assez typée, particulièrement visible à travers son habitat aux yeux de ceux qui le parcourent ; les maisons traditionnelles sont construites en terre argileuse appelée « pisé« . Les toits sont très pentus et recouverts de tuiles écailles, et généralement de dimensions assez impressionnantes.

Le plateau d’Artas est très ondulé et est sillonné en son centre par une vallée, Est-Ouest qu’occupent le bourg et les hameaux du Cinquin et du Revollet. Le point le plus bas est à 379 m et le plus haut à 512 m.

Conséquences du relief et de la géologie pour l’agriculture

La vocation agricole reste l’herbe et l’élevage, mais le sol est siliceux, caillouteux, perméable. Les nombreuses oscillations du plateau rendent le travail de la terre plus difficile et moins rentable. Les champs sont très morcelés et en coteaux. Ils peuvent être lessivés par l’érosion. Le paysage de bocage a été petit à petit transformé, par la suppression des haies. L’esthétique y a perdu, mais le rendement est meilleur.

La carrière d’Artas

La structure géologique de la commune est assez simple. Le sol vient des moraines glaciaires quaternaires descendues des Alpes. Il est constitué d’un limon d’argile, jaunâtre ou brune, qui sert à la fabrication du « pisé » avec lequel sont fabriqués les maisons et les fermes. Cet argile est mélangé avec des galets quartzeux. Le sous-sol est constitué d’un cailloutis un peu plus grossier, mêlé à du sable fin. En profondeur, le sable est plus pur.

Des sondages effectués sur la commune ont montré qu’une zone pouvait être utilisée pour faire une carrière. La société « Carrière et Voirie » a démarré en 1947. Les installations actuelles permettent d’obtenir par concassage et crillage des granulométries et des formes différentes. Il y a également une centrale à béton.  Tous les matériaux sont destinés aux divers chantiers de la région : bâtiments, voirie, tuyaux, bordures, pavés, moellons,…

Evolution de la population

L’évolution du nombre d’habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année.

La population d’environ 1000 habitants avant la Révolution est passée par un maximum à 1325 habitants vers 1850 puis a décru jusqu’à 612 en 1968, puis est remontée à partir de cette date, pour atteindre en 2010 1620 habitants.

L’évolution de la population vient du fait de la proximité de Bourgoin qui s’est beaucoup développé ces dernières années mais aussi de celle de Lyon, puisqu’on peut relier Lyon par l’autoroute à partir de Bourgoin.

La vocation agricole a forcément beaucoup diminué, mais il reste encore 19 exploitations (actifs et retraités). La surface agricole représente 900 ha sur les 1400 ha de la commune.

Faits marquants

- Le prieuré clunisien qui fut créé au XI ème siècle, dont il reste le vieux clocher roman de style lombard, qui fait que l’église a 2 clochers.

- La pierre du Diable : bloc erratique, but de promenades

- Artas , berceau de la fête des Mères.

Une association, L’Union Fraternelle des Pères de Famille Méritants s’est créée vers 1905. Elle a orienté son action dans le soutien aux familles nombreuses et l’encouragement à la maternité.

Une première fête des Mères fut célébrée pour la première fois le 10 Juin 1906. Quelques années plus tard, Lyon a institué une « Journée des Mères » qui devait être un encouragement à la maternité. C’était la fin de la guerre et il fallait repeupler la France. Mr Auguste Isaac, l’un des promoteurs de la  Journée des Mères de Lyon devint ministre et la fête des Mères fut lancée au niveau national en 1920.

A Artas, il y a une fresque qui rappelle qu’Artas est le berceau de la fête des Mères.

- Conservatoire Municipal des Archives Communales : depuis les travaux faits les anciens maires, comme Joseph MOREL,  un Conservatoire des archives municipales fut créé, en 1996, avec le soutien de l’association Mémoire et Patrimoine. Un membre de l’association entreprenait alors un patient travail de numérisation des registres paroissiaux et d’état-civil et tous les documents étaient répertoriés et cotés selon les normes des Archives départementales. Ces archives sont consultables en mairie, ou sur le site des archives départementales de l’Isère : http://www.archives-isere.fr/

Artas, un village où il fait bon vivre

Un vieux dicton patois le confirme :  » A Artâ passa-z-y mais ne vos arretâ pas. Si vos vos arretâ, vos né pourré pris vos en allâ  » (A Artas, passez-y, mais ne vous y arrêtez pas. Si vous vous y arrêtez, vous ne pourrez plus vous en aller)

Le village d’Artas, les sources que j’ai utilisées

Pour écrire des articles sur le village d’Artas, j’avais ce qui m’a été transmis par mon père :

- un ouvrage : ARTAS : le village du Bas-Dauphiné, par Joseph MOREL, maire de 1935 à 1977 et Pascal CHAUVIN, instituteur, paru à comptes d’auteur en Avril 1983.

Cet ouvrage, de presque 500 pages, retrace la vie du village d’Artas, depuis l’antiquité jusqu’à l’époque actuelle. C’est un travail énorme qui a été effectué, par Mr Joseph MOREL, ancien maire, aidé de Mr Pascal CHAUVIN, instituteur, qui a classé, rangé, remis en état les archives de la commune. C’est à la suite de ces rangements qu’il a eu l’idée de faire cet ouvrage, dont l’édition a été financée par des expositions et des souscriptions, pour que tout ce travail de mémoire puisse être transmis aux générations futures.

Nota Bene: l’ouvrage est paru en 1983, Mr CHAUVIN était jeune à l’époque. Par une lettre qu’il avait adressé à mon père, pour des renseignements, sur la famille BRESSE, j’ai pu retrouver sa trace, son N° téléphone, par les « Pages Blanches ». Il est maintenant retraité et est adjoint au maire d’Artas. Nous avons pris contact et il me transmettra une liste de documents qu’il a sur la famille BRESSE à Artas.

- une autre source est un site internet tenu par Mr André BIRROCHON qui a fait un site sur l’histoire, les maires, les conseils municipaux, et mis sous forme .pdf tous les bulletins municipaux entre Décembre 1977 et Juillet 1995.

Voici l’adresse du site :  ARTAS 38440 France – Bulletins Municipaux

- une autre source est le site officiel de la commune : http://www.artas-mairie.fr/

- une dernière source est la page Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Artas

 

La génération suivante : celle de Jean Marcel BRESSE (1759-1820)

Jean Marcel BRESSE, dont je descends, est né le 5 septembre 1759 à Villeneuve de Marc. Il s’est marié avec Marie CLERET, de Saint Georges d’Espéranche, née en 1763.

Ils ont eu 9 enfants: 7 garçons et 2 filles.

Jean Marcel était propriétaire au Revollet d’Artas. Il devint Officier municipal d’Artas, puis Maire de la commune, à partir de l’an III (1795) et Juge de Paix de Saint Jean de Bournay. Il est mort à Artas, le 22 Décembre 1820, à 61 ans. Marie CLERET est décédée en 1837, à 74 ans.

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Jean Marcel BRESSE a vécu la Révolution, et il a été un des premiers maires de la commune d’Artas.

Après la Révolution, les maires sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles, par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail.

La première élection à Artas date de 1790. Jean Marcel a été successivement Officier municipal et Maire, jusqu’en 1815. La famille BRESSE a fourni plusieurs maires à la commune d’Artas, sur 4 générations.

Le calendrier républicain a été adopté par la Révolution, à partir de 1792 jusqu’ à 1806. Il débute le 1er vendémiaire an I (22 Septembre 1792),  jour de proclamation de la République, déclaré premier jour de l’« ère des Français ». Chaque nom de mois rappelle un aspect du climat français (décembre, nivose en rapport avec le thème de la neige) ou des moments importants de la vie paysanne (septembre, vendémiaire, les vendanges). Chaque jour est caractérisé par le nom d’un produit agricole, d’une plante, d’un animal ou d’un outil en lieu et place des noms de saints du calendrier traditionnel. De ce fait, ce calendrier, que ses concepteurs voulaient « universel », était fortement lié à son pays d’origine et au poids économique que représentaient les activités agricoles à l’époque. Napoléon abrogea le calendrier républicain et instaura le retour au calendrier grégorien à partir du 1er Janvier 1806.

Le premier fils de Jean Marcel, Louis Antoine Alexandre, est né le 27 Décembre 1787, marié à Marie Félicité GERBOLLET. Ils eurent 3 enfants.  Il était propriétaire au Revollet d’Artas. Il est mort à Artas en 1852.

Son deuxième fils, Jean Baptiste Victor, est né le 12 Mars 1789, marié à Victorine CLERET, de Saint Georges d’Espéranche, née en 1807 (lien de parenté avec sa belle-mère ?). Ils eurent 3 enfants. Il était notaire à Artas. Il est élu maire plusieurs fois à partir de 1831 jusqu’ à sa mort, le 5 Mai 1861.

Le troisième fils, Innocent François Candide, dont je descends, est né le 9 Mars 1791, à Artas. Il est décédé le 7 Mars 1864, à Vienne, à presque 73 ans. Il a épousé Marguerite Louise PEROUSE, le 7 Septembre 1818. Il avait 27 ans et elle 17 ans.

Marguerite Louise PEROUSE est née à Saint Alban du Rhône, le 1er Juillet 1801. Son père, Jacques PEROUSE, était notaire royal au Parlement du Dauphiné. Sa mère était Jeanne Marie COURBON des GOUX de FAUBERT.

Innocent François Candide, négociant en laines, est venu s’installer à Vienne.

Marguerite Louise PEROUSE est décédée à Vienne, le 13 Janvier 1825, à 23 ans:

Ils n’eurent que 2 fils :

- Jean Louis Gustave, en 1819, dont je descends

- Jacques Antoine Charles, en 1822. C’est lui qui a son nom sur la Tour Eiffel et vous pouvez consulter sa biographie, avec des éléments nouveaux, sur le premier article.

Innocent François Candide a bien réussi, puisque c’est lui qui a acheté et fait construire la maison bourgeoise du Chemin des Maladières, avec 4 ha de terres et des fermes. Cette propriété est restée dans la famille 4 générations.

Innocent François Candide, est né juste après la Révolution. C’est pour cela qu’on lui a donné des prénoms qui tranchent, avec la lignée précédente :

-  Innocent vient du latin qui « ne nuit pas ». Il correspond à souvent à des enfants Capricornes, puisque les saints Innocent sont fêtés le 28 décembre. Il y a eu aussi des Papes Innocent.

- Candide vient du latin « candidus », d’un blanc brillant. Le prénom Candide a surtout été rendu célèbre avec le roman de Voltaire (1759), dont le héros démontre que « tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ». Le mot est passé dans la langue courante pour désigner un jeune homme un peu innocent. Candide fut un martyr à Rome. Il se fête le 3 octobre.

L’enfant suivant de Jean Marcel, est une fille, Marie Antoinette Emilie, née à Artas, le 8 Août 1793. Elle s’est mariée, le 19 Novembre 1813, à Marc NEMOZ de la Batie Montgascon. Elle a eu une fille. Elle est morte à Artas, le 8 Avril 1865.

L’enfant suivant de Jean Marcel, est un fils, Jean Etienne. Il est né le 25 Messidor an III (13 Juillet 1795). Il est décédé en 1796.

L’enfant suivant de Jean Marcel, est un fils, Joseph Etienne. Il est né le 8 Prairial an V ( 27 Mai 1797). Il s’est marié à Marie PIGNARD le 20 Septembre 1850, à 53 ans. Il a eu 2 fils. Il était propriétaire. Il est mort à Artas en 1866.

L’enfant suivant de Jean Marcel, est un fils, Benoit Marcel. Il est né le 7 Floréal an VIII (27 Avril 1800). Il s’est marié avec Joséphine VERDELET, en Novembre 1828. Ils eurent 8 enfants.  Il était propriétaire. Il est mort à Artas en 1876.

L’enfant suivant de Jean Marcel, est un fils, Sixte Hippolyte. Le prénom Sixte, vient du fait que c’est le 6 ème fils. Il est né le 16 Germinal an XII (6 Avril 1804). Il est mort à Lyon, sans descendance.

Le dernier enfant de Jean Marcel, est une fille, la deuxième, Jeanne Marie Unité. Le choix du prénom Unité, contraste aussi avec les prénoms habituels, peut-être en rapport avec la Révolution.  Elle est né 10 Novembre 1806. Elle a épousé, en 1826, Philippe André ORJOLLET, médecin à Saint Jean de Bournay. Ils n’ont pas eu de descendance. Elle est décédée, le 13 Août 1894, à 87 ans.

Du fait que Marguerite Louise PEROUSE est décédée le 13 Janvier 1825, à 23 ans, Innocent François Candide, confie son fils, Jacques Antoine Charles, agé de 3 ans, à sa soeur, Jeanne Marie Unité, sans enfants, qui va lui servir de mère.